Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

John M. Cox, Circles of Resistance: Jewish, Leftist, and Youth Dissidence in Nazi Germany,

Ouvrages | 04.11.2010 | J.R. Blackstone, Clare College, University of Cambridge

Editions Peter Lang On 18 May 1942, a group of leftist dissidents stormed the Sowjetparadies exhibit in Berlin’s Lustgarten square, in a daring attack on one of Goebbels’ major propaganda pieces of the period. Some forty activists were subsequently arrested, interrogated and executed for the action alongside a ‘communal’ punishment of two waves of two hundred and fifty Jewish civilians each. This event itself is relatively well known to historians of the Third Reich and socialist studies. However, it is the background to this act of resistance and the people who perpetrated it that primarily concern John M. Cox’s monograph Circles of Resistance: Jewish, Leftist, and Youth Dissidence in Nazi Germany. 


Hubert Bonin, Christophe Bouneau et Hervé Joly (dir.), Les entreprises et l’outre-mer français pendant la Seconde Guerre mondiale,

Ouvrages | 04.11.2010 | Géraud Letang

Maison des sciences de l'homme d'Aquitaine, 2010L’été 2010 aura été riche en cérémonies, communications et parutions relatives à deux commémorations : celle de l’appel du 18 juin 1940 et celle des indépendances des colonies africaines de la France. Force est cependant de constater que très peu de publications ont lié ces deux séquences historiques. La parution du livre Les entreprises et l’outre-mer français pendant la Seconde Guerre mondiale dirigé par Hubert Bonin, Christophe Bouneau et Hervé Joly vient donc à point nommé pour souligner les effets du second conflit mondial sur les liens entre la métropole et les possessions françaises outre-mer. Comme le mentionne Hubert Bonin dans son avant-propos, la Seconde Guerre mondiale est peu traitée, voire « escamotée», dans les productions historiques relatives à l’outre-mer français : évènement pourtant paroxystique, la guerre ne semble pas bouleverser un monde colonial davantage marqué par les débats des années 1930 sur la nature de la tutelle à maintenir puis par la marche vers les indépendances au lendemain de 1945. Parallèlement, on a souvent fait peu de cas, dans l’histoire économique de la Seconde Guerre mondiale, du rôle des entreprises françaises dont le développement aurait été limité aussi bien par les réquisitions induites par l’effort de guerre, que par les pillages de l’occupant et par les destructions provoquées par les combats. Les actes de ce colloque qui s’est tenu à la Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine les 20 et 21 novembre 2008 – c’est-à-dire en dehors du contexte mémoriel actuel – permettent ainsi de mieux appréhender ces objets historiques particuliers que sont les entreprises implantées dans le monde colonial français.


Patrice Arnaud, Les STO. Histoire des Français requis en Allemagne nazie 1942-1945,

Ouvrages | 04.11.2010 | Fabrice Grenard

CNRS EditionsParoxysme de la politique de collaboration menée par Vichy et de l’exploitation de la France par l’occupant allemand, la réquisition des travailleurs français pour l’Allemagne marqua profondément la société française des « années noires ». Mais au regard de l’importance qu’a pu revêtir pour toute une génération cette expérience particulière du travail en Allemagne, les requis sont pendant longtemps apparus comme des « oubliés » de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, en raison notamment de la « concurrence mémorielle » représentée par d’autres catégories victimes de guerre, qui avaient été « plus héroïques » ou « plus victimes qu’eux ». La façon dont les travailleurs requis avaient vécu et perçu leur expérience restait donc relativement peu connue (l’historiographie allemande s’est davantage intéressée au sort des « travailleurs de l’Est » qu’à ceux en provenance des pays occidentaux tandis que les travaux menés en France concernaient surtout, à travers quelques monographies régionales, les conséquences des réquisitions de main-d’œuvre et les réactions qu’elles suscitèrent). Il manquait ainsi une histoire globale de la vie des travailleurs français en Allemagne, à l’image de ce qu’avait réalisé Yves Durand pour les prisonniers de guerre. Cette lacune apparaît désormais comblée avec le livre de Patrice Arnaud, version abrégée de sa thèse de doctorat soutenue à l’université de Paris I. L’ouvrage s’appuie sur les nombreux témoignages publiés (une soixantaine) par d’anciens requis anonymes ou célèbres (François Cavanna, Antoine Blondin), sur un corpus d’une trentaine d’entretiens réalisés par l’auteur, sur des sources d’archives françaises et allemandes riches et variées (notamment les archives des institutions françaises ayant eu à s’occuper du sort des travailleurs exilés et celles des administrations et institutions chargées en Allemagne d’encadrer et le cas échéant de réprimer la main-d’œuvre étrangère).


Elisabeth Chapuis, Jean-Pierre Pétard et Régine Plas, Les psychologues et les guerres,

Ouvrages | 04.11.2010 | Emmanuel Saint-Fuscien

Editions L'HarmattanCe livre rassemble les actes d’un colloque international organisé à Paris en juin 2002 par le Groupe d’études pluridisciplinaires d’histoire de la psychologie (GEPHP), autour du thème « Les psychologues et les guerres ». La rencontre entre professionnels du psychisme, historiens de la psychologie et historiens du phénomène guerrier a rendu visible les enjeux multiples de la question, présentés dès la préface par Anne Rasmussen. Dans un texte d’une force singulière, l’historienne parvient à montrer toute les dimensions d’une approche croisée : comment la guerre transforme la pensée et les pratiques des psychologues et en quoi les psychologues agissent sur les pratiques ou les conséquences de la guerre. C’est une lecture dynamique que les contributeurs ont privilégiée, dévoilant ainsi les mouvements de va-et-vient entre les deux termes de la relation. Dans la lignée d’une histoire culturelle des sciences, ce sont bien les interactions entre guerre et psychologie qui sont analysées dans cette publication.


L'exil dans le regard

Films | 14.10.2010 | Ophir Lévy

On avait rarement si bien filmé le regard. On l’avait rarement élevé à ce point-là d’autonomie. Le regard d’un personnage non plus comme médiation du monde qui l’environne, mais comme monde à part entière, comme seul et unique spectacle à contempler. Celui d’Elia Suleiman, dans Le Temps qu’il reste (2009), est proprement bouleversant. Situé le plus souvent au centre du cadre, filmé frontalement, le visage impassible, muet, Elia Suleiman regarde sa mère, sa ville natale et ses contemporains avec une forme d’apathie comique et profondément mélancolique, comme si une infinie distance les séparait. La distance de l’exil, que ne parviennent jamais tout à fait à combler les retrouvailles. Le Temps qu’il reste a pour sous-titre : Chronique d’un absent-présent.


Le crime fait recette :

Expositions | 14.10.2010 | Arnaud-Dominique Houte

Les hasards du calendrier des expositions ont produit une étrange collision au printemps 2010. D’un côté, un spectaculaire « Crime et Châtiment » qui a eu les honneurs du musée d’Orsay et qui a bénéficié d’une riche couverture médiatique. De l’autre, une plus discrète présentation de photographies de prisons parisiennes qui a été présentée au musée Carnavalet et qui a manifestement su trouver son public.


Laura Lee Downs, Histoire des colonies de vacances : de 1880 à nos jours,

Ouvrages | 14.10.2010 | Aude Chamouard

Editions PerrinÉdition française, augmentée et remaniée, d’un livre paru en 2002, l’ouvrage de Laura Lee Downs (professeure à l‘EHESS) se propose d’explorer une institution de notre histoire nationale : les colonies de vacances. Ces « jolies colonies de vacances » présentent le paradoxe d’avoir été un mouvement de masse (touchant sans doute soixante millions d’enfants de 1880 à nos jours), d’être clairement présentes dans la mémoire collective et, pourtant, de n’avoir fait l’objet que de rares études. Si Laura Lee Downs n’aborde pas un champ complètement vierge, elle lit les colonies de vacances au prisme de leur histoire politique, mais aussi sociale et culturelle et s’inscrit ainsi dans les renouvellements historiographiques qu’a connus l’histoire de la Troisième République, depuis le livre de Patrick Zylberman et Lion Murard sur l’hygiène publique, jusqu’aux travaux plus récents portant sur la naissance de l’État-providence en France. Retraçant la généalogie des colonies, et ce afin de dépasser leur seule identification à un  "moment 1936", Laura Lee Downs appuie son argumentation sur les riches sources des archives municipales (notamment des villes de Suresnes et d’Ivry) pour décrire ce mouvement de masse.


Laurence Bertrand Dorléac, Après la guerre,

Ouvrages | 14.10.2010 | Fabienne Chevallier

Editions GallimardDans un riche essai sur la notion de « style », Meyer Schapiro interrogeait les fondements de l’histoire de l’art. Après avoir passé en revue les méthodes de cette discipline, il en venait à dire que les conditions économiques, politiques et idéologiques contribuent à former une vision du monde qui, à son tour, influence l’écriture de l’art. Schapiro écrivait ce texte en 1953 : on est au cœur de la période traitée dans l’ouvrage de Laurence Bertrand Dorléac.


Émilie Van Haute, Adhérer à un parti. Aux sources de la participation politique,

Ouvrages | 14.10.2010 | Ismael Ferhat

Editions de l'Université de BruxellesEn sciences sociales comme dans l’actualité, la crise de l’engagement militant semble être un des aspects majeurs de l’évolution des démocraties européennes depuis les années 1970. Baisse des effectifs au sein des partis politiques, individualisme croissant, repli des formes traditionnelles du militantisme politique, les manifestations de cette mutation des comportements politiques sont scandées régulièrement dans l’espace public. La littérature scientifique comme les discours civiques soulignent la décrue du nombre des adhérents, que ce soit dans les syndicats, les partis ou les associations classiques, ces organisations étant d’ailleurs profondément déstabilisées par de telles évolutions.


David King, Sous le signe de l’Étoile rouge,

Ouvrages | 12.10.2010 | Pascal Cauchy

Editions GallimardDavid King est à la fois un journaliste, un collectionneur et un passionné de l’histoire soviétique. Le public français lui doit déjà un ouvrage remarqué sur la falsification des photographies en régime communiste. Aujourd’hui, il nous livre un aperçu de sa riche collection iconographique retraçant quarante années d’histoire soviétique, d’Octobre 1917 à l’ascension de Nikita S. Khrouchtchev.


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  • ISSN 1954-3670