Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Romain Ducoulombier, Camarades ! La naissance du parti communiste en France,

Ouvrages | 04.02.2011 | Danielle Tartakowsky

© Perrin, 2010.Cet ouvrage reprend la substance d’une thèse d’un millier de pages intitulée Régénérer le socialisme. Aux origines du communisme français (1905-1925). Le titre de la thèse, que l’éditeur a vraisemblablement jugé moins incisif, soulignait pourtant mieux que celui dont l’ouvrage est doté l’originalité de la démarche de Romain Ducoulombier. Celui-ci revient, après tant d’autres, sur les travaux fondateurs d’Annie Kriegel et sur la thèse, qu’il discute à son tour, de la « greffe » du bolchevisme sur le socialisme français. 


Jean Garrigues, Sylvie Guillaume, Jean-François Sirinelli (dir.), Comprendre la Ve République,

Ouvrages | 04.02.2011 | David Valence

© PUF, 2010.Il en va des colloques scientifiques comme du règne animal : ils se divisent en plusieurs espèces. Certains colloques sont volontiers qualifiés de « pionniers », qui entendent défricher une terre laissée vierge par l’historiographie. Vite dépassés pour leur contenu, ils restent pourtant comme des références obligées dans toute généalogie de la recherche ; ainsi du colloque organisé à la Fondation nationale des sciences politiques les 6 et 7 mars 1970 sur « Le gouvernement de Vichy » ou du colloque « Femmes, féminisme et recherche » qui eut lieu à Toulouse le 12 décembre 1982 (http://cedref.revues.org/520). D’autres événements scientifiques se situent au contraire « en bout de chaîne » historiographique. Ils sont destinés à faire le point sur une question et à assurer des positions, des interprétations, afin que la recherche puisse continuer à avancer à partir d’un point déterminé. Entre ces deux extrêmes prennent place d’autres espèces, du colloque-manifeste, conçu comme une machine de guerre historiographique, au colloque inutile – le genre est-il si rare ?  L’ambition du colloque des 25, 26 et 27 septembre 2008 était affichée dans son intitulé : il s’agissait de « comprendre la VRépublique ». L’expression impliquait de considérer le régime politique ainsi désigné comme un « écosystème », c’est-à-dire comme un ensemble vivant, dont les capacités d’adaptation aux conjonctures économique, sociale, culturelle, diplomatique ou démographique devaient être interrogées. Les actes publiés par les Presses universitaires de France il y a quelques semaines, sous la direction de Jean Garrigues, Sylvie Guillaume et Jean-François Sirinelli, confirment l’impression d’un colloque « de synthèse », pensé comme une borne d’étape historiographique. Les textes rassemblés répondent à la question « où en sommes-nous ? », tout en traçant quelques flèches pour la suite du chemin. Faire la synthèse des synthèses que rassemble l’ouvrage n’est donc pas tâche aisée…


Sarah Gensburger, Images d’un pillage. Album de la spoliation des juifs à Paris, 1940-1944,

Ouvrages | 04.02.2011 | Philippe Verheyde

© Textuel, 2010Après une étude menée en collaboration avec Jean-Marc Dreyfus sur les camps de travail parisiens, Sarah Gensburger nous propose un album de la spoliation des juifs à Paris sous l’Occupation. Il s’agit d’une réflexion menée à partir d’un fonds composé de 85 photographies prises à Paris, retrouvées et saisies à la Libération « dans un magasin utilisé par les Allemands pour conduire l’opération Meubles, probablement Lévitan ». Envoyées en Allemagne, ces photographies ont été classées et constituées en album par les services alliés chargés d’organiser l’identification et l’inventaire des biens spoliés en vue de les restituer. Elles sont actuellement déposées aux Archives fédérales de Coblence.


« MOBI BOOM. L’explosion du design en France, 1945-1975 »

Expositions | 21.01.2011 | Annie Claustres

L’on ne parlait pas encore de design en France après-guerre, mais de mobilier moderne. Le terme apparaîtra entre 1945 et 1975, précisément, pendant cette période de mutation historique qui voit un déploiement conséquent des objets du quotidien, tant dans la sphère du privé que dans celle du public. Si son emploi se banalise au début des années soixante, l’Académie française attendra 1971 pour le légitimer. Un des grands mérites de l’exposition du musée des Arts décoratifs est de ne pas isoler les objets du contexte historique et social, de ne pas les réduire à des jeux formels, aussi emprunts de créativité soient-ils, mais de les donner à voir au croisement de plusieurs focales, celle du contexte de production, celle de l’édition, de la diffusion, mais aussi celle des nouveaux modes de vie.


"Médias et société, entre réalités et fictions"

Colloques | 10.01.2011 | Marie-Soledad Rodriguez

Ce colloque interdisciplinaire, s’inscrivant dans l’axe de recherche du laboratoire ICT (Identités, Cultures, Territoires) de Paris 7, se proposait d’interroger les relations entre médias et pouvoir, dans des productions censées refléter le réel comme les actualités, les documentaires ou les « docudrames » mais aussi dans des œuvres où prime la représentation comme les fictions télévisées ou cinématographiques.


« L’édilité, moteur du changement social et culturel ? »

Journées d'études | 10.01.2011 | Boris de Rogalski Landrot

Le 22 octobre 2010, Juliette Aubrun, Jean-Charles Geslot et Caroline Varlet, avec le soutien du Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines (université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines) et du Centre de recherche en histoire (EHESS), ont organisé une journée d’étude consacrée à « l’édilité, moteur du changement social et culturel ? ».

Il s’agissait de s’interroger sur le rôle effectif joué par les édiles dans la modernisation de leurs communes, par le biais de leurs interventions dans le domaine social et culturel entre le milieu du XIXe siècle et l’entre-deux-guerres. Le postulat de départ : les communes seraient des laboratoires, des lieux d’expérimentation de nouvelles pratiques sociales et culturelles, impulsées par les édiles et s’inscrivant pour certaines dans de véritables politiques municipales. Au carrefour de l'histoire politique et de l'histoire culturelle, les réflexions ont porté sur les acteurs spécifiques que sont les membres du conseil municipal, mais on s'est également demandé si c'est là le seul moteur des transformations sociales et culturelles de la ville.


Des Hommes et des Dieux : la solidarité jusqu’au bout du chemin

Films | 27.12.2010 | Jean-Pierre Delannoy

Affiche du filmLe succès du film de Xavier Beauvois permet de constater la continuité d’une sensibilité collective partagée à l’assassinat des sept moines de Tibhirine. Il rappelle les manifestations de solidarité qui avaient réuni, après l’annonce de leur exécution, des milliers de personnes de toutes origines et sensibilités, et notamment le rassemblement du Trocadéro, le 28 mai 1996. Entre-temps, les interrogations n’ont pas cessé sur l’imbrication des responsabilités dans la fin tragique de la communauté.

 


Sarah Gensburger, Les Justes de France. Politiques publiques de la mémoire,

Ouvrages | 09.12.2010 | Simon Perego

© Les Presses de Sciences PoJan Karski de Yannick Haenel, La Rafle de Roselyne Bosch : voici un livre et un film qui l’un et l’autre portent sur la destruction des Juifs d’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale et qui ont, chacun à leur manière, suscité l’an passé en France un vigoureux débat public. Mais l’œuvre littéraire et l’œuvre cinématographique partagent un autre point commun : toutes deux accordent une grande importance à une figure historique bien particulière, celle du « Juste », qu’il s’agisse, chez Yannick Haenel, du résistant polonais Jan Karski, témoin de l’extermination des Juifs dans son pays ou, chez Roselyne Bosch, de l’infirmière française Annette Monod qui porta assistance aux internés du Vel’ d’Hiv’ et des camps du Loiret. Car la référence aux « Justes parmi les nations », ces non-Juifs ayant porté assistance aux Juifs au temps du génocide, est devenue incontournable dans les évocations contemporaines de la « Shoah ». Or ce terme de « Juste » ne se limite pas à une expression de plus tombée dans l’escarcelle des médias. C’est avant tout une catégorie complexe, une construction sociale et politique à cheval entre plusieurs espaces géographiques, sujet du livre de Sarah Gensburger, Les Justes de France. Politiques publiques de la mémoire, ouvrage partiellement tiré de sa thèse de doctorat en sociologie.


Vénus noire, d’Abdellatif Kechiche

Films | 09.12.2010 | Gabrielle Costa de Beauregard

Vénus noire est un film difficile qui nous parle d'un autre temps, à partir du moulage du corps d'une femme arrivée en Europe en 1810, morte en 1815, et, fait incroyable, est resté exhibé jusqu'en 1976, en France. En 1994, à la fin de l'apartheid, l'Afrique du Sud demande la restitution des restes de Saartje Bartman. Cette demande se heurte à un refus des autorités et des scientifiques français au nom du patrimoine inaliénable du musée de l'Homme et de la Science. Ce n'est que le 29 janvier 2002 qu'une proposition de loi présentée au Sénat et visant à permettre à la dépouille de Saartje Bartman de retourner dans son pays est adoptée. Il s'agit « d'accomplir un devoir de mémoire, en particulier par rapport au fait colonial et reconnaître... les erreurs qui entachent cette période de l'histoire, en particulier s'agissant de l'esclavage qui a constitué un crime contre l’humanité». Le spectateur est confronté à des pratiques d'un autre temps, celui du XIXe siècle, au début duquel des pratiques, comme celle des zoos humains par exemple, étaient jugées naturelles, tolérées tandis qu'elles sont aujourd'hui fermement condamnées, voire criminelles. Un siècle enfin au cours duquel vont prendre forme des contestations sociales, telles que le féminisme, l'anti-esclavagisme, reprenant les droits de l'Homme proclamés en 1789 et oubliés par la science, mouvements qui prendront une forme politique au XXe siècle.


Sudhir Hazareesingh, Le mythe gaullien,

Ouvrages | 23.11.2010 | Jean-Baptiste Decherf

© Gallimard, 2010L’image de De Gaulle, celle que l’on avait de lui de son vivant, ainsi que l’empreinte qu’il laissa dans les mémoires, représente un vaste champ de recherche qui pour l’instant n’a été que très peu exploré. Différents chercheurs ont tenté d’analyser ce que l’épopée gaullienne charrie d’imaginaire, mais toujours de façon partielle. L’ouvrage de Maurice Agulhon, De Gaulle. Histoire, symbole, mythe , s’il a l’intérêt de donner à voir de façon particulièrement truculente différents aspects de la Weltanschauung gaullienne, s’intéresse plus à de Gaulle lui-même et à son discours qu’à son image. Les travaux qui, à l’inverse, analysent prioritairement les transformations dont fut l’objet la parole du grand homme, n’en ont jusqu’à présent ciblé que des aspects particuliers. Qui mieux qu’un spécialiste de la légende de Napoléon pouvait écrire le premier ouvrage de synthèse sur celle de De Gaulle ?


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  • ISSN 1954-3670