Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Alya Aglan, Olivier Feiertag et Dzovinar Kévonian (dir.), Humaniser le travail. Régimes économiques, régimes politiques et Organisation internationale du travail (1929-1969),

Ouvrages | 06.03.2012 | Michel Dreyfus

Peter Lang, 2011L'Organisation internationale du travail (OIT), dont le secrétariat permanent est le Bureau international du travail (BIT) à Genève, est une plus anciennes organisations internationales : fondée en 1919 dans le sillage du traité de Versailles, elle existe toujours aujourd'hui. Ce livre retrace quarante ans de son histoire, en suivant un plan chronologique organisé en trois parties.


« Napoléon III et l'Italie. Naissance d'une nation, 1848-1870 »

Expositions | 05.03.2012 | Jean-Yves Frétigné

Exposition "Napoléon et l'Italie", Musée de l'Armée (19/10/2011-15/01/2012)Du 19 octobre 2011 au 15 janvier 2012, le musée de l’Armée (Hôtel des Invalides, Paris) a accueilli une belle exposition sur « Napoléon III et l’Italie. Naissance d’une nation 1848-1870 ». Placée sous le haut patronage du président de la République française et de son homologue italien, elle a été un des temps forts des célébrations françaises et italiennes du 150e anniversaire de l’unité d’Italie. Cette exposition a donné lieu à la publication d’un catalogue qui ne se contente pas de la reproduction commentée de quelques-unes des œuvres que le visiteur a pu admirer mais qui est riche d'analyses d’histoire et d’histoire de l’art complétant et approfondissant les enseignements que l'on a pu retenir en parcourant les différentes salles du musée.


L'Exercice de l'État ou l'exercice du pouvoir au masculin.

Films | 25.01.2012 | Gabrielle Costa de Beauregard

Un film de Pierre Schoeller, produit par les frères DardenneLe film dont il est question ici n'est nullement historique, c'est un film politique en ce sens qu'il traite de la mécanique du pouvoir, des rapports de force au sein du gouvernement et des processus décisionnels et informatifs. Le temps de la fiction racontée apparaît très ramassé : il semble que l'histoire se déroule sur quelques mois, une année tout au plus. En revanche, le processus de naissance du film L’Exercice de l’État, fut long – sept, huit ans – selon son réalisateur Pierre Schoeller. La difficulté tient peut être au fait de porter un regard sur des processus peu connus – et peu décrits – en dehors du milieu des cabinets politiques, et dont la réalité semble bien lointaine de celle des citoyens (et peut-être à l'époque du film Versailles, loin du réalisateur). Dès lors, comment les représenter de façon réaliste, crédible ? Le propos du film n’est pas de traiter d’un événement mais d’un type de rapport aux événements, d’un style politique. Avec L'Exercice de l'État, nous avons un film esthétique et intimiste qui met en scène des représentations du pouvoir.


Nathalie Carré de Malberg, Le grand état-major financier : les inspecteurs des Finances, 1918-1946. Les hommes, le métier, les carrières,

Ouvrages | 25.01.2012 | Jean-Charles Asselain

Comité pour l'histoire économique et financière de la France, 2011Ce portrait de groupe d’un corps prestigieux entre tous, l’inspection des Finances, n’a rien de statique : c’est en réalité une histoire bien plus tumultueuse qu’on ne le croit souvent qui est ici retracée pour la première fois. Les travaux antérieurs de Nathalie Carré de Malberg, bien connus de tous ceux qui s’intéressent à la haute fonction publique en France, mettaient déjà en lumière bien des traits marquants. Le présent ouvrage, outre diverses précisions et approfondissements significatifs, apporte une mise en perspective du destin de l’inspection des Finances au XXe siècle, de la Première Guerre mondiale à la Libération : l’histoire d’une conquête puis d’une consolidation du pouvoir au sein de l’administration des Finances – avec une insistance particulière sur la capacité d’adaptation qui a permis à ce corps d’élite de résister aux menaces qui ont pesé sur son existence même en 1936 et en 1946. Les développements nouveaux consacrés aux « années noires » 1939-1946 (p. 529-687) auraient pu d’ailleurs alimenter à eux seuls un passionnant ouvrage.


Gaël Eismann, Hôtel Majestic. Ordre et sécurité en France occupée (1940-1944),

Ouvrages | 25.01.2012 | Jean-Paul Cointet

Tallandier, 2010La mémoire des Français conserve encore, intact, le souvenir des violences infligées aux populations civiles par l’occupant hitlérien. À cette mémoire demeurent étroitement associées deux organisations : la Gestapo et la Waffen SS à laquelle est lié le souvenir du massacre d’Oradour. Si l’historiographie française est abondante là-dessus (voir l’ouvrage classique de Jacques Delarue sur la Gestapo), elle est en revanche à peu près absente quant au rôle des forces militaires allemandes d’occupation. On ne peut guère se référer, partiellement, qu’aux ouvrages de Rita Thalmann, La Mise au pas. Idéologie et stratégie sécuritaire dans la France occupée et de Lucien Steinberg, Les Allemands en France.

C’est à recentrer l’intérêt historique sur le rôle des forces militaires d’occupation que s’attache l’ouvrage de Gaël Eismann, qui est la version réduite d’une thèse. Pièce centrale de ce système d’occupation, le Commandement militaire allemand (Militärbefehlshaber - MBF), établi à l’hôtel Majestic, près de l’Étoile ; l’historiographie du sujet a été longtemps très mince. On ne pouvait guère relever que l’ouvrage de Hans Umbreit, Der Militärbefehlshaber in Frankreich, 1940-1944, et celui, non centré il est vrai, sur la question de Eberhard Jäckel, La France dans l’Europe de Hitler.


Le peuple de Paris au XIXe siècle

Expositions | 25.01.2012 | Thomas Bouchet

Editions des musées de la ville de Paris, 2011« Le peuple est insaisissable », souligne dans son introduction générale Miriam Simon, conservatrice en chef au musée Carnavalet, commissaire de l’exposition sur « Le peuple de Paris au XIXe siècle », directrice et coordinatrice de ce catalogue. Pour tâcher cependant de restituer les diverses facettes de son histoire, poursuit-elle, il convient d’emprunter une voie oblique : étudier les regards que portent sur lui des élites curieuses, intriguées, attentives, admiratives ou inquiètes. Tel est le fil directeur des quatre cents pages qui composent ce passionnant ouvrage.


« Sport, corps, régimes autoritaires et totalitaires »

Colloques | 17.01.2012 | Yannick Deschamps

Le colloque « Sport, corps, régimes autoritaires et totalitaires » a vu le jour grâce à la collaboration du Mémorial de la Shoah avec le Centre d'histoire de Sciences Po et s'est tenu du 13 au 14 novembre 2011. Ces deux journées d'échanges scientifiques s'inscrivent dans le cadre d'un cycle de rencontres et de projections qui accompagne l'exposition « Le sport européen à l'épreuve du nazisme », préparée par le Mémorial de la Shoah. Le colloque invite de nombreux chercheurs, avec pas moins de seize contributions, à analyser les usages et les représentations du sport et du corps de la modernité triomphante à l'heure du XIXe siècle jusqu'aux politiques menées par les régimes autoritaires et totalitaires. L’objet sportif est souvent considéré comme l’un des attributs un peu « folkloriques » des dictatures de l’entre-deux-guerres. En effet, le colloque montre que loin d’être anecdotiques, ces politiques du corps et du sport ont souvent occupé une place centrale dans la construction de « l’homme nouveau ». L'intérêt de cette manifestation tient également dans son caractère international, tant par l'origine des chercheurs qui ont offert leur contribution, que par la diversité des pays dont il fut question. Ces deux journées de recherche ont permis de faire voyager le thème de la redécouverte du corps et le lien du sport à l'État, à la guerre et aux masses, sur chaque rive de l'Atlantique, traversant l'Europe, et franchissant même les montagnes de l'Oural. Par cette diversité géographique, c'est une pluralité de régimes politiques qui a pu être analysée, ainsi que les mouvements sportifs juifs qui ont été envisagés, menant à d'intéressantes comparaisons.


« URSS : fin de parti(e). Les années perestroïka (1985-1991) »

Expositions | 16.01.2012 | Michel Nazet

Vingt ans après la disparition de l’URSS, une exposition (2 décembre 2011-26 février 2012) sur les conditions de cette dernière s’imposait d’autant plus, qu’ironie de l’histoire, un nouveau vent de contestation et d’aspiration à plus de démocratie semble se lever en Russie.

Ce sont ainsi deux cents documents issus du fonds France-URSS de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC), mais aussi du musée d’histoire politique de Saint-Pétersbourg, de la Bibliothèque historique d’État de Moscou, de l’association Memorial qui sont rassemblés et qui mêlent affiches, photographies de presse, vidéos, journaux soviétiques, presse informelle, lettres de particuliers aux dirigeants…


« Renaud Jean ou la figure d’un communisme rural »

Colloques | 16.01.2012 | Jean Vigreux

Affiche colloque Renaud Jean

Les Amis du Vieux Nérac-Éditions d’Albret et Les Amis de  Renaud Jean ont organisé conjointement les 22 et 23 octobre 2011 à Marmande (Lot-et-Garonne) un colloque consacré à la figure paysanne, mais aussi locale du communisme, Renaud Jean, à l’occasion du cinquantième anniversaire de sa mort. Loin d’une célébration commémorative, même si lors des travaux du colloque, un pont de Marmande a reçu le nom du célèbre député, cette rencontre a permis de repenser les enjeux de l’implantation communiste et de la naissance du PCF, mais aussi les logiques des rapports avec l’Internationale communiste, sans oublier les effets induits de la stalinisation. 


Guillaume Piketty, Résister. Les archives intimes des combattants de l’ombre,

Ouvrages | 16.12.2011 | Simon Perego

Editions TextuelDans les rayons des librairies se sont imposés ces dernières années les « beaux livres », curieuse expression employée par les professionnels de l’édition pour désigner des ouvrages, souvent de grand format, se démarquant par la qualité de l’illustration et le soin apporté à la présentation. C’est dans cette catégorie que se voit classé Résister. Les archives intimes des combattants de l’ombre, le dernier opus de Guillaume Piketty, directeur de recherches au Centre d’histoire de Sciences Po. Si cette appellation laisse perplexe – car on peut candidement se demander si un livre n’est « beau » que par sa conception graphique… –, force est de reconnaître que cette fois-ci la catégorisation fonctionne : c’est bel et bien à un beau livre que l’on a affaire, mais au premier sens du terme et non simplement au nom d’une nomenclature spécifique au monde de l’édition.


imprimer

Newsletter

  • Consultez fréquemment les rubriques dynamiques de cette colonne. Elles sont régulièrement mises à jour.

Champ libre

  • Histoire@Politique fête ses 10 ans
  • Conférence de Jessica Gienow Hecht, mardi 6 juin 2017 à 17h00 (Centre d’histoire (...)
  • lire la suite
  • Histoire@Politique est également disponible sur CAIRN
  • lire la suite

Partager

  • ISSN 1954-3670