Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Jean-Pierre Le Crom, Au secours, Maréchal ! L’instrumentalisation de l’humanitaire (1940-1944),

Ouvrages | 26.07.2013 | Philip Nord

PUF, 2013Jean-Pierre Le Crom’s most recent monograph tracks the rise and fall of the Secours national (SN), a parastatal relief organization decreed into existence by the Daladier administration in November 1939 and not disbanded until ten years later. As Le Crom’s subtitle indicates, however, it is the years 1940-1944 that are of greatest interest to him.


Yves Cohen, Le siècle des chefs. Une histoire transnationale du commandement et de l’autorité (1890-1940),

Ouvrages | 26.07.2013 | Emmanuel Saint-Fuscien

Editions Amsterdam, 2013Le siècle des chefs est l’aboutissement remarquable en tout point d’une recherche menée depuis plus de vingt ans par Yves Cohen, essentiellement au sein de l’École des hautes études en sciences sociales. Mais sa préoccupation pour les questions d’autorité s’ancre selon ses propres aveux bien en amont de ses recherches en sciences sociales. Elle se lit dans son parcours militant du début des années 1970. Comme il l’écrit lui-même, ces années « ne comptent pas pour rien dans la genèse de ce livre » (p. 16). Yves Cohen a aussi vu les chefs à l’œuvre au sein de l’usine en tant qu’ouvrier établi entre 1970 et 1976, d’abord aux usines Peugeot à Sochaux puis dans de petites usines de mécanique et enfin à l’imprimerie des Presses de l’Est. L’ouvrage d’Yves Cohen traite bien d’un« premier » XXe siècle, celui qui s’arrête en 1939, mais la façon dont l’auteur a traversé le « second » aide à comprendre l’énergie sensible et la profondeur qui se dégagent de cette étude totale, à la fois sociale, historique, et transnationale du chef et de l’autorité.


« La valise mexicaine. Capa, Taro, Chim, trois photographes dans la guerre d’Espagne »

Expositions | 17.07.2013 | Geneviève Dreyfus-Armand

Musée d'art et d'histoire du JudaïsmePrès de soixante-quinze ans après la fin de la guerre d’Espagne, on croyait connaître à peu près tous les documents photographiques sur ce conflit. Mais c’était compter sans leur abondance et surtout sans les aléas de l’histoire. Cette guerre civile européenne marque une véritable révolution dans l’histoire de la presse illustrée et du photojournalisme, de nombreux photographes, venus de divers pays, s’employant à en transmettre les images. La diaspora des républicains espagnols et de nombre de ceux qui se sont engagés à leurs côtés a joué aussi un grand rôle dans la dispersion des clichés. Aussi, depuis une bonne dizaine d’années, on ne cesse de retrouver des photos sur cette guerre qui a eu valeur de mythe dès son époque, qui ne cesse de fasciner et de poser question sur sa nature et son issue.

Les chercheurs et le public intéressés tant par cet événement clé du XXe siècle que par l’évolution de la photographie et de la presse, sans omettre les amateurs du travail de Robert Capa – ce qui fait beaucoup de monde –, ne peuvent que louer l’initiative du musée d’Art et d’Histoire du judaïsme d’avoir organisé, à Paris, au cours de l’hiver et du printemps 2013, l’exposition « La Valise mexicaine ». Préparée par l’International Center of Photography (ICP), créé en 1974 à New York par Cornell Capa, frère du photographe, l’exposition a été présentée à New York, Barcelone, Bilbao et Madrid, puis, en 2011, lors des rencontres d’Arles.


« Redécouvrir Jean Moulin. Collections inédites »

Expositions | 16.07.2013 | Bénédicte Vergez-Chaignon

Musée Jean Moulin de la ville de ParisAu mois de juin 1943, on ne compte plus les expositions consacrées à Jean Moulin, à l’occasion du 70e anniversaire de sa disparition. Au nombre de celles-ci, on remarquera « Jean Moulin résistant et artiste provençal » à Saint-Andiol (dans le cadre de « Marseille capitale européenne de la culture »), « Jean Moulin et la galerie Romanin » à Béziers (complétée par une exposition dans sa maison natale dorénavant propriété de la ville), « Jean Moulin artiste et collectionneur de tableaux » à Lyon. C’est aussi autour des différents visages du héros qui symbolise la Résistance que s’articule l’exposition du musée Jean Moulin de la ville de Paris, « Redécouvrir Jean Moulin, collections inédites » jusqu’en décembre 2013.


Marc Martin, Les Pionniers de la publicité. Aventures et aventuriers de la publicité en France (1836-1939),

Ouvrages | 16.07.2013 | Benoît Lenoble

Nouveau Monde EditionsLe dernier livre de Marc Martin comble un vide à double titre. Jusqu’à présent, l’auteur, historien spécialiste de référence, n’avait pas étudié spécifiquement cette période d’émergence, de construction et de légitimation de la publicité, au sens contemporain du terme, allant des années 1830, moment de mutations et d’accélérations modernisatrices, jusqu’aux Trente Glorieuses durant lesquelles l’économie, la société et la communication se transforment en profondeur. Par extension, l’historiographie hexagonale de la publicité, très modeste par rapport à celles anglo-saxonnes, est ainsi complétée par ce travail qui est centré sur un long XIXe siècle et qui croise les approches sociale, économique et culturelle. Illustré et documenté, ce travail aborde les différents supports vecteurs de publicité, de la quatrième page des journaux au slogan radiophonique en passant par les illustrations artistiques des affiches lithographiques. Surtout, il articule les individus, les créations et les dynamiques qui, ensemble sur plus d’un siècle, sont à l’origine, structurent et façonnent l’activité et la culture publicitaires en France. Pour cela, de nombreuses sources imprimées, notamment une presse professionnelle méconnue, ont été mobilisées, ainsi que des archives en partie inédites. Il est dommage, cependant, que ces matériaux ne soient cités que dans des notes infrapaginales. Contrainte éditoriale probable qui n’empêche pas de saisir ce que Marc Martin souhaite démontrer, à savoir le rôle, les actes et la portée de plusieurs entrepreneurs dans l’affirmation de la publicité contemporaine.


Michele Marchi, Alla ricerca del cattolicesimo politico. Politica e religione in Francia da Pétain a de Gaulle,

Ouvrages | 16.07.2013 | Pierre-Emmanuel Guigo

Rubbettino EditoreLe catholicisme politique est l'un des grands oubliés des travaux d'histoire politique en France. Est-ce parce que ce mouvement est inexistant ? Et quelles peuvent être les raisons d'une telle absence ? C'est ce que tente d’analyser Michele Marchi en s'intéressant à la période capitale de l'histoire française du XXsiècle, celle qui va de l'Occupation, qui prend une place centrale dans cette histoire puisqu'elle cristallise le jeu à trois entre l'épiscopat, le Mouvement républicain populaire (MRP) et de Gaulle qui présidera aux destinées du catholicisme politique sous la IVe République, jusqu'à la Ve République. En s'appuyant sur une très bonne connaissance de l'historiographie française et italienne sur la question, ainsi que sur de nombreuses archives (fonds du MRP, fonds Georges Bidault, les archives de l'ambassade française auprès du Saint-Siège, les archives du Diocèse de Paris, etc.), l'auteur ordonne son ouvrage autour de cinq parties chronologiques (les « racines » du rapport complexe des catholiques à la République, la période de l'Occupation et de la résistance, "l'illusion de la démocratie chrétienne à la française" entre 1944 et 1946, le début des difficultés lié à la rupture avec de Gaulle et l'émergence de la question scolaire, et enfin une dernière très grande partie consacrée au rapport entre monde catholique et sphère politique à la fin de la IVe République et au début de la Ve République). Si cette période correspond peu ou prou à celle du MRP, ce n'est pas uniquement une nouvelle histoire de ce mouvement qui se dessine ici. L'auteur va plus loin que l’étude des seuls résultats électoraux et démontre comment une analyse plus globale des catholiques en politique est nécessaire pour comprendre les raisons de l'échec du catholicisme politique.


François Hollande, comment devenir Président ?,

Documentaires | 16.07.2013 | Aude Chamouard

Editions MontparnasseLe film François Hollande, comment devenir Président ? a pour ambition d’expliquer la transformation de François Hollande en présidentiable, puis en président de la République. Il s’ouvre sur le discours de Tulle le 30 septembre 2011 en plein cœur de la primaire socialiste et s’achève au meeting de Vincennes, le 15 avril 2012. Le titre annonçait clairement une étude de la transformation de François Hollande en Président, la « fabrique d’un Président », mais comme le dit lui-même le réalisateur dans les bonus, le film est devenu une biographie. Elle frise parfois avec l’hagiographie.


Emmanuel Debono, Aux origines de l’antiracisme : la LICA, 1927-1940,

Ouvrages | 20.06.2013 | Nathalie Sévilla

CNRS Editions, 2012Inscrire la lutte contre le racisme dans la loi, l’imposer en tant que valeur politique et sociale, tel a été l’objet de la première organisation antiraciste française fondée à la fin des années vingt : la Ligue internationale contre l'antisémitisme (LICA), actuelle LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme). En mars 2013, la Ligue tient son 47e congrès national et demande au Premier ministre de faire de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme la grande cause nationale de l’année 2014. L’inscription dans la durée de la mobilisation et de la militance de la LICRA, 1929-2013, montre pour le moins que le projet moral défendu, s’il a été entendu par les institutions, reste un objectif partiellement atteint face à un racisme évolutif et résurgent en temps de crise. Si d’aucuns ont entrepris d’historiciser les racismes dans le siècle écoulé, sujet complexe, une histoire de l’antiracisme, non moins délicate, restait à faire. C’est l’objet de la thèse d’Emmanuel Debono publiée aux Éditions du CNRS. Par le dépouillement exhaustif et critique de fonds inédits d'archives publiques et privées – dont les archives de la LICA rapatriées de Moscou au début des années 2000 –, l’historien retrace l’histoire de l’organisation, des origines à sa dissolution en 1940. L’ouvrage va bien au-delà et l’apport est double : l’étude de la LICA porte en elle celle de l’invention de l’antiracisme militant dans une France républicaine où les droits de l’Homme et du citoyen sont les devises de la nation mais où la liberté d’expression autorise le discours raciste ; elle éclaire la question majeure de l’antisémitisme dans l’entre-deux-guerres.


Danielle Tartakowsky et Alain Bergounioux, L’Union sans unité. Le programme commun de la gauche (1963-1978), avant-propos de Claude Bartolone,

Ouvrages | 20.06.2013 | Laurent Jalabert

PUR, 2012Issu d’un colloque organisé en mai 2010, cet ouvrage est la première publication d’importance sur l’histoire du Programme de la gauche, qui, en son temps (1972-1978), a alimenté passions, polémiques et combats politiques, tant au sein des gauches que face à une droite qui n’a eu de cesse de le combattre. L’alliance entre socialistes, communistes et radicaux est ici visitée bien au-delà des sept années de l’accord de gouvernement des trois principales forces d’opposition d’alors, puisque les organisateurs du colloque avaient aussi choisi de le positionner dans le cadre des recompositions politiques des débuts de la VRépublique. La genèse du Programme commun, sa signature, son développement, puis ses difficultés sont donc analysées au travers de diverses contributions.


Pierre-Emmanuel Guigo, « Le chantre de l’opinion ». La communication de Michel Rocard de 1974 à 1981,

Ouvrages | 20.06.2013 | Sylvie Guillaume

 INA Éditions, 2013Pierre-Emmanuel Guigo étudie ici la stratégie de communication d’un homme politique, Michel Rocard, qui, s’il ne fut pas le premier à déceler tout l’intérêt de la communication politique dans un cursus, en fit un apprentissage consciencieux alors que dominait encore la force des cultures partisanes dans les années 1970. Cette personnalité, qui quitte le PSU pour le Parti socialiste en 1974, ne fait pas totalement sienne sa fidélité à la ligne majoritaire du parti socialiste en représentant la « deuxième gauche » ; la communication politique pallie ainsi sa marginalisation relative auprès des militants socialistes et devient pour lui le moyen d’accéder à l’Élysée, lui qui s’est posé en rival de François Mitterrand après en avoir été un dauphin. Mais, paradoxalement, la communication politique, qui lui valut une forte popularité auprès de l’opinion, ne s’accompagna pas du succès espéré.


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  • ISSN 1954-3670