Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

François Hollande, comment devenir Président ?,

Documentaires | 16.07.2013 | Aude Chamouard

Editions MontparnasseLe film François Hollande, comment devenir Président ? a pour ambition d’expliquer la transformation de François Hollande en présidentiable, puis en président de la République. Il s’ouvre sur le discours de Tulle le 30 septembre 2011 en plein cœur de la primaire socialiste et s’achève au meeting de Vincennes, le 15 avril 2012. Le titre annonçait clairement une étude de la transformation de François Hollande en Président, la « fabrique d’un Président », mais comme le dit lui-même le réalisateur dans les bonus, le film est devenu une biographie. Elle frise parfois avec l’hagiographie.


Emmanuel Debono, Aux origines de l’antiracisme : la LICA, 1927-1940,

Ouvrages | 20.06.2013 | Nathalie Sévilla

CNRS Editions, 2012Inscrire la lutte contre le racisme dans la loi, l’imposer en tant que valeur politique et sociale, tel a été l’objet de la première organisation antiraciste française fondée à la fin des années vingt : la Ligue internationale contre l'antisémitisme (LICA), actuelle LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme). En mars 2013, la Ligue tient son 47e congrès national et demande au Premier ministre de faire de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme la grande cause nationale de l’année 2014. L’inscription dans la durée de la mobilisation et de la militance de la LICRA, 1929-2013, montre pour le moins que le projet moral défendu, s’il a été entendu par les institutions, reste un objectif partiellement atteint face à un racisme évolutif et résurgent en temps de crise. Si d’aucuns ont entrepris d’historiciser les racismes dans le siècle écoulé, sujet complexe, une histoire de l’antiracisme, non moins délicate, restait à faire. C’est l’objet de la thèse d’Emmanuel Debono publiée aux Éditions du CNRS. Par le dépouillement exhaustif et critique de fonds inédits d'archives publiques et privées – dont les archives de la LICA rapatriées de Moscou au début des années 2000 –, l’historien retrace l’histoire de l’organisation, des origines à sa dissolution en 1940. L’ouvrage va bien au-delà et l’apport est double : l’étude de la LICA porte en elle celle de l’invention de l’antiracisme militant dans une France républicaine où les droits de l’Homme et du citoyen sont les devises de la nation mais où la liberté d’expression autorise le discours raciste ; elle éclaire la question majeure de l’antisémitisme dans l’entre-deux-guerres.


Danielle Tartakowsky et Alain Bergounioux, L’Union sans unité. Le programme commun de la gauche (1963-1978), avant-propos de Claude Bartolone,

Ouvrages | 20.06.2013 | Laurent Jalabert

PUR, 2012Issu d’un colloque organisé en mai 2010, cet ouvrage est la première publication d’importance sur l’histoire du Programme de la gauche, qui, en son temps (1972-1978), a alimenté passions, polémiques et combats politiques, tant au sein des gauches que face à une droite qui n’a eu de cesse de le combattre. L’alliance entre socialistes, communistes et radicaux est ici visitée bien au-delà des sept années de l’accord de gouvernement des trois principales forces d’opposition d’alors, puisque les organisateurs du colloque avaient aussi choisi de le positionner dans le cadre des recompositions politiques des débuts de la VRépublique. La genèse du Programme commun, sa signature, son développement, puis ses difficultés sont donc analysées au travers de diverses contributions.


Pierre-Emmanuel Guigo, « Le chantre de l’opinion ». La communication de Michel Rocard de 1974 à 1981,

Ouvrages | 20.06.2013 | Sylvie Guillaume

 INA Éditions, 2013Pierre-Emmanuel Guigo étudie ici la stratégie de communication d’un homme politique, Michel Rocard, qui, s’il ne fut pas le premier à déceler tout l’intérêt de la communication politique dans un cursus, en fit un apprentissage consciencieux alors que dominait encore la force des cultures partisanes dans les années 1970. Cette personnalité, qui quitte le PSU pour le Parti socialiste en 1974, ne fait pas totalement sienne sa fidélité à la ligne majoritaire du parti socialiste en représentant la « deuxième gauche » ; la communication politique pallie ainsi sa marginalisation relative auprès des militants socialistes et devient pour lui le moyen d’accéder à l’Élysée, lui qui s’est posé en rival de François Mitterrand après en avoir été un dauphin. Mais, paradoxalement, la communication politique, qui lui valut une forte popularité auprès de l’opinion, ne s’accompagna pas du succès espéré.


« Napoléon et l’Europe »,

Expositions | 20.06.2013 | Antonin Durand

Malgré la fascination que la figure de Napoléon continue d’exercer sur le grand public, les expositions consacrées à l’empereur sont rares, et il fallait remonter en France à 1969 pour trouver la trace d’une telle entreprise, avant que le musée de l’Armée ne vienne combler cette lacune, du 27 mars au 14 juillet 2013. Faut-il pour autant parler d’une « exposition impossible », à l’instar de la curatrice de l’exposition « Napoleon und Europa. Traum und trauma » tenue à Bonn au début 2011 et dont l’exposition parisienne est une libre continuation ? Voilà qui est sans doute excessif, et passé ce titre provocateur, l’historienne de l’art décrit au contraire comment les différentes difficultés de l’opération ont été surmontées. Une chose est sûre, cependant : aborder Napoléon par son rapport à l’Europe renforce le défi, alors que la mémoire napoléonienne à l’échelle continentale est encore très loin d’être unifiée. Le sujet va d’ailleurs au-delà de ce que son titre évoque puisque sont traités également plusieurs épisodes des guerres révolutionnaires menées par le général Bonaparte, à commencer par la campagne d’Égypte qui élargit le cadre géographique.


Pierre Rigoulot, Georges Albertini, 1911-1983. Socialiste, collaborateur, gaulliste,

Ouvrages | 14.06.2013 | Jacques Puyaubert

© Perrin, 2012Ce livre retrace, en dix-huit tableaux, la biographie de Georges Albertini qui fut surtout connu pour avoir été le bras droit de Marcel Déat sous l'Occupation puis un collaborationniste convaincu – Pierre Assouline l'avait révélé au grand public en 1986 (L'Histoire, n° 90). Après la guerre et une condamnation légère, il se rallie aux gaullistes sous la VRépublique et devient l’éminence grise de Georges Pompidou et de Jacques Chirac. D'où le titre de l'ouvrage de Pierre Rigoulot : Georges Albertini. 1911-1983. Socialiste, collaborateur, gaulliste qui met l'accent sur l'ampleur des reconversions spectaculaires d'un parcours en apparence atypique.


Victor Pereira, La dictature de Salazar face à l’émigration. L’État portugais et ses migrants en France (1957-1974),

Ouvrages | 14.06.2013 | Matthieu Trouvé

Presses de Sciences Po, 2012Comment un État – qui détient le monopole de la violence légitime sur un territoire donné – peut-il exercer des contraintes sur ses ressortissants en dehors de son propre territoire ? Autrement dit, quel pouvoir cet État exerce-t-il sur ses nationaux à l’étranger ? C’est à ces vastes questions que tente de répondre Victor Pereira à travers l’étude du cas de la dictature portugaise de Salazar et des migrants portugais en France. Ce livre est le résultat d’une thèse soutenue à l’IEP de Paris et de recherches menées dans les archives à la fois au Portugal, en France et en Espagne. Son auteur, maître de conférences à l’université de Pau et des Pays de l’Adour, est lui-même descendant de parents portugais. Les chercheurs français s’intéressant au Portugal étant suffisamment rares, on peut d’emblée saluer l’originalité de la démarche et le fait de pouvoir disposer d’un ouvrage en français sur ces questions.


Michel Leymarie, Olivier Dard et Jeanyves Guérin (dir.), Maurrassisme et littérature. L’Action française. Culture, société, politique (IV),

Ouvrages | 23.05.2013 | Olivier Tort

Presses universitaires du Septentrion, 2012Mesurer l’influence exacte de l’Action française au cours du XXe siècle, à l’échelle française et européenne : tel est l’objectif ambitieux que se sont fixés depuis plusieurs années Michel Leymarie et Olivier Dard, rejoints pour la circonstance par Jeanyves Guérin, dans une série d’actes de colloques publiés, dont le présent ouvrage constitue la dernière livraison. Parce qu’il est consacré aux relations politico-littéraires, ce quatrième volume porte l’analyse au cœur même des aspirations et des ambiguïtés maurrassiennes : car Maurras, qui s’est placé avec opiniâtreté dans le champ de la littérature politique, a voulu imprégner en profondeur la pensée française de son siècle, beaucoup plus, somme toute, que conquérir le pouvoir hic et nunc. Or, ce sont bien les vicissitudes et les renoncements de son mouvement dans l’action partisane qui expliquent en bonne part l’effritement de sa remarquable emprise dans le champ culturel, davantage que le dogmatisme sourcilleux des convictions littéraires résolument classiques du Maître.


Jean-François Sirinelli, Désenclaver l’histoire. Nouveaux regards sur le XXe siècle français,

Ouvrages | 23.05.2013 | Sylvie Guillaume

CNRS Editions, 2013Dès l’introduction, Jean-François Sirinelli inscrit son ouvrage dans la continuité de Comprendre le XXe siècle français, livre qu’il a publié en 2005, et qui était une mise en perspective historiographique à partir de ses propres travaux sur les intellectuels et sur les baby-boomers pour n’en citer que les plus importants. C’était aussi un plaidoyer en faveur d’une histoire culturelle dans toutes ses dimensions qui permettrait, pour reprendre le titre, de mieux comprendre le XXe siècle. Dans Désenclaver l’histoire, le procédé est comparable : il consiste à réunir dans une synthèse plusieurs travaux jalonnant un itinéraire scientifique qui est marqué par sa cohérence. L’auteur exprime ainsi la nécessité de faire le point, non par auto-satisfaction du travail universitaire rendu mais dans un souci de clarté critique et de compréhension d’un siècle en pleine mutation. Le livre est donc prise en considération d’un renouveau historiographique qui accompagne tout particulièrement l’analyse du temps présent, d’où le sous-titre Nouveaux regards sur le XXe siècle français.


José Aboulker, La Victoire du 8 novembre 1942, la Résistance et le débarquement des Alliés à Alger,

Ouvrages | 23.05.2013 | Odile Rudelle

Le Félin, 2012Comment expliquer que le débarquement du 8 novembre 1942 en Afrique du Nord – plus de trois cents bateaux ayant quitté l’Amérique et l’Angleterre pour arriver à l’heure H – à Alger, à Oran et au Maroc –, que cet extraordinaire exploit, véritable champ d’exercice pour le futur D Day – reste quasi ignoré des Français ? Par exemple, publié en 1992, le colloque « Vichy et les Français » n’en dit mot, alors que, centré sur l’évolution de l’opinion, il s’emploie à modifier la chronologie jusque-là enseignée, d’une coupure d’avril 1942, ce jour où le retour de Laval officialisait une collaboration militaire, à laquelle Darlan – nous le savions – mais aussi Weygand et Juin – et cette fois nous l’apprenons – avaient prêté la main ?


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  • ISSN 1954-3670