Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Heimat,

Films | 20.12.2013 | Marie-Bénédicte Vincent

Le quatrième volet de la série Heimat d’Edgar Reitz, fresque sociale de l’Allemagne contemporaine vue à travers le prisme d’une petite localité de Rhénanie (Schabbach), nous fait remonter le temps après les épisodes de 1984, 1992 et 2004, qui concernaient les années 1929-1945, puis 1960-1970 et enfin l’après-réunification. Nous voilà cette fois plongés en 1842-1844, dans la période complexe du Vormärz qui précède la Révolution de 1848.

Dans un format choisi non pas de prime abord pour la télévision mais pour le cinéma, le film d’Edgar Reitz dure plus de quatre heures, divisé il est vrai en deux parties (« Chronique d’un rêve » et « L’exode »), qui suscitent des émotions intenses liées aux choix esthétiques du réalisateur. Ce dernier fait partie, avec Fassbinder et Kluge, de ceux qui ont contribué à créer la nouvelle vague du cinéma allemand lors de la signature du manifeste d’Oberhausen en 1962. Et force est de reconnaître que cette nouvelle Heimat ne déçoit pas son public.


Christian Lequesne et Maurice Vaïsse (dir.), La politique étrangère de Jacques Chirac,

Ouvrages | 10.12.2013 | Bernard Lachaise

Riveneuve Éditions, 2013Sous l’autorité d’un politiste, directeur du Centre d’études et de recherches internationales (CERI - Sciences Po), Christian Lequesne et d’un historien, spécialiste de l’histoire des relations internationales, Maurice Vaïsse, sont réunies, dans cet ouvrage, treize contributions dont la première – excellente –, rédigée par les co-directeurs, constitue à la fois une introduction et une conclusion sous le titre « Rupture et continuité ». Ce livre est le fruit d’un colloque co-organisé en décembre 2011 par le CERI et le Centre d’histoire de Sciences Po, dirigé par Jean-François Sirinelli. Les organisateurs ont sollicité quelques-uns des meilleurs spécialistes pour aborder l’histoire de la politique extérieure de la France sous les présidences de Jacques Chirac. À titre d’exemples, citons Anne Dulphy et Christine Manigand pour l’Europe ; Hélène Miard-Delacroix pour l’Allemagne ; Antoine Marès pour l’Europe centrale ; Pierre Mélandri pour les États-Unis ou Jean-Pierre Filiu pour le monde arabe… Les contributions thématiques – la plupart d’entre elles sont consacrées aux pôles régionaux du monde – couvrent « l’essentiel de l’activité diplomatique de Jacques Chirac » à l’exception de quelques manques comme le monde asiatique, ce qui est regrettable quand on sait l’intérêt de Jacques Chirac pour ces espaces (Japon, Chine, Asie du Sud-Est). S’y ajoute une précieuse chronologie de « la politique extérieure de la France sous les présidences de Jacques Chirac » qui aurait gagné à être mise en perspective avec les grands événements des relations internationales entre 1995 et 2007.


« Les présidents de la République en France et en Italie : politique, histoire, communication (1946-2013) »

Journées d'études | 10.12.2013 | Marion Morellato

http://www.ciup.fr/wp-content/uploads/2013/11/n.jpgLe 17 septembre 2013 s’est tenue à la Maison d’Italie, à Paris, une journée d’études dédiée aux « Présidents de la République en France et en Italie : politique, histoire, communication (1946-2013) », organisée par Roberto Giacone, directeur de la Fondation Maison d’Italie et soutenue par l’Università degli Studi della Tuscia (Viterbe), le Centro Studi sull’Europa Mediterranea (Viterbe), le Centre d’histoire de Sciences Po, en collaboration avec l’Archivio Storico della Presidenza della Repubblica (ASPR, Rome) et les Archives nationales de France. Cette journée a été organisée à l’occasion de l’ouverture de l’exposition historique, documentaire et multimédia « Les présidents de la République : les Communes, l’Italie, l’Europe (1946-2013) » mise en place par la Maison de l’Italie en collaboration avec l’Università degli Studi della Tuscia (Viterbe).


« Europe et barbarie, passé-présent »

Journées d'études | 10.12.2013 | Olivier Van den Bossche

La journée d’études « Europe et barbarie, passé-présent », organisée par le Centre d’histoire de Sciences Po, s’inscrivait dans une démarche initiée en 2012 lors du séminaire « Europe, Lumières et barbarie », jalonné par les communications d’Audrey Kichelewski, d’Elissa Mailander et de Jean-Frédéric Schaub. Le 15 novembre 2013, elle se proposait d’approfondir la question de la barbarie dans l’Europe du XXe siècle : rupture dans l’ordre historique ou continuité d’une histoire commencée plus tôt ? La journée d’études a délibérément convié des spécialistes de la question venant d’horizons et de disciplines variés. Les historiens, les politistes et les géographes ont été rejoints par un philosophe et par un psychanalyste, ce qui a permis de diversifier les angles d’approche.


Hélène Camarade, Élisabeth Guilhamon, Claire Kaiser (dir.), Le national-socialisme dans le cinéma allemand contemporain,

Ouvrages | 08.12.2013 | Martine Floch

Presses universitaires du Septentrion, 2013Les films sur le national-socialisme fleurissent dans l’Allemagne réunifiée. Si les plus emblématiques ont été montrés sur les écrans français, à l’instar de La Chute, Sophie Scholl, Et puis les touristes, La Vague, le sujet lui-même, vaste, a été peu exploré en France. À cet égard l’ouvrage collectif vient combler une lacune. Grâce à une convergence d’auteurs et de disciplines différentes et souvent complémentaires – histoire, germanistique, esthétique et cinéma, sémiotique –, le livre devrait intéresser bon nombre de lecteurs issus de ces disciplines et un public plus vaste dans la mesure où il répond à de nombreuses questions.


« Mémoires de combats. Les archives de l'engagement social et associatif »

Journées d'études | 06.12.2013 | Camille Duclert

Le 7 novembre 2013, le Service interministériel des Archives de France (ministère de la Culture et de la Communication), le Centre d'études européennes et le Centre d'histoire de Sciences Po ont organisé une journée d'études intitulée « Mémoires de combats », consacrée aux « archives de l'engagement social et associatif ». Insistant sur l'exceptionnelle richesse de documents produits par des associations aux missions de plus en plus étoffées, le directeur chargé des Archives de France et le directeur de Sciences Po ont souligné, en propos liminaire, l'apport de ces sources à la recherche. Se limiter à une vision institutionnelle de la société, refuser de prendre en compte la diversité de ses acteurs, privés comme publics, reviendrait à proposer une histoire hémiplégique de notre temps. À l'heure où les autorités publiques s'appuient davantage sur des structures associatives d'aide aux personnes pauvres, démunies, handicapées ou empêchées, cet engagement ne peut être occulté dans l'écriture de l'Histoire.


Thierry Maurice, La Transition démocratique. L’Espagne et ses ruses mémorielles (1976-1982),

Ouvrages | 06.12.2013 | Hervé Siou

PUR, 2013La Transition démocratique. L’Espagne et ses ruses mémorielles (1976-1982) est issue de la thèse soutenue par Thierry Maurice en 2010. L’ouvrage s’insère dans un travail de relecture entamé par les historiens depuis les années 1990, qui a permis la remise en cause du mythe d’une Transition sans douleur, avec ses héros, le roi Juan Carlos, le chef du gouvernement Adolfo Suárez, et son caractère exemplaire de passage d’une dictature à la démocratie.

Le principal apport du livre réside dans l’étude des « usages du passé » (p. 11), comme le souligne Bernard Bessière dans la préface. En effet, l’auteur cherche, en centrant son étude sur les acteurs, sur les institutions et les discours, saisis dans des « moments de mémoire » (p. 18), à démontrer combien la dimension mémorielle est essentielle à la compréhension du processus de Transition. Les discours sur le passé fournis par la presse écrite, les discours politiques et les textes juridiques, constituent les sources principales abordées par l’auteur.


Contre-cultures

Ouvrages | 25.11.2013 | Laurent Martin

En 2011 s'était tenu à Cerisy-la-Salle un colloque sur les « contre-cultures » (sous-titré : « De la révolution culturelle au dépassement de l'art ») ; ce sont les actes de ce colloque qui sont rassemblés dans la publication dirigée par Christophe Bourseiller et Olivier Penot-Lacassagne, complétés par quelques autres textes. Au moment où sortaient ces actes (février 2013), un autre ouvrage, dû à Steven Jazo-Vannier, paraissait sur le même sujet des contre-cultures ; il nous a paru utile d'en rendre compte de manière croisée et d'interroger une conjoncture intellectuelle et éditoriale qui voit la parution coup sur coup de deux ouvrages prenant ce thème pour objet de leur questionnement.


Moshe Lewin, La formation du système soviétique. Essais sur l’histoire sociale de la Russie dans l’entre-deux-guerres,

Ouvrages | 25.11.2013 | Sophie Coeuré

Editions GallimardRares sont les ouvrages d’histoire soviétique parus avant les années 1990-2000 qui méritent d’être réédités tels quels. La plupart ont rejoint le cimetière intellectuel des livres jamais plus ouverts, voire ont été mis discrètement au rebut par les bibliothèques et les chercheurs. Dans le communiqué de presse de La formation du système soviétique, paru en anglais en 1985, en français en 1987, et reprenant des articles échelonnés des années 1970 aux années 1980, les éditions Gallimard mettent en avant deux arguments également intéressants. Le premier est celui de la personnalité de l’auteur. L’itinéraire biographique exceptionnel de Moshe Lewin (1921-2010) mérite en effet d’être rappelé. Né à Vilnius (Wilno), seul de sa famille à être sauvé de l’extermination nazie par l’Armée rouge, il passa quatre années en Union soviétique, successivement kolkhozien, ouvrier, officier, avant de quitter la Lituanie pour la Pologne, la France, Israël, de nouveau la France où il acheva ses études d’histoire, la Grande-Bretagne, enfin les États-Unis qui lui offrirent la stabilité académique, tandis que Paris demeurait pour lui une patrie intellectuelle.


Enfance clandestine, de Benjamin Avila

Films | 08.11.2013 | Paula Canelo

Au cours des années 1980 s’est mis en place dans la société argentine un « récit humanitaire » de la mémoire sur la militance révolutionnaire des années « 1960 à 1970 ». Ce récit, inséparable du processus de mise en examen du terrorisme d’État, fut bâti sur deux éléments centraux. Le premier fut la dépolitisation de l’identité des militants des organisations armées et son réajustement autour de leurs conditions de victimes ; le second fut l’omission des responsabilités de la société civile face à la violence. De même que d’autres modes d’expression culturelle, le cinéma argentin a partagé les arguments centraux de ce récit, comme le démontre La Historia Oficial de Luis Puenzo (1985) et La Noche de los Lapices de Héctor Oliveira (1986).


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  • ISSN 1954-3670