Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

De la mécanique des dessous à la mécanique du rire

Expositions | 17.01.2014 | Aline Magnien

Musée des Arts décoratifs, du 05/07/2013 au 24/11/2013Ce qui frappait d’emblée le visiteur de l’exposition proposée par le musée des Arts décoratifs (La mécanique des dessous. Une histoire indiscrète de la silhouette entre le 5 juillet et le 24 novembre 2013, c’étaient les rires des visiteurs et le niveau sonore, lesquels contrastaient avec le silence religieux qui accompagne habituellement la visite des expositions. Or cette dernière mettait clairement en joie ses visiteurs, il faudrait dire ses visiteuses, tant le public y était féminin pour l’essentiel, même si les dessous masculins étaient, eux aussi, bien représentés dans les vitrines. Le sujet pouvait paraître secondaire et ludique, mais le musée des Arts décoratifs y assumait avec crânerie l’idée répandue que la mode, et a fortiori ses dessous, est légère, mineure, frivole, bref ornementale et décorative, pour en faire, en réalité tout autre chose. Et ces rires, qui traduisaient parfois une certaine gêne, étaient aussi le signe du plaisir éprouvé par les visiteurs, plaisir puisé dans la vue des objets, le sentiment de connivence, mais aussi celui d’une plus grande intelligence du monde passé et présent, et de connaissances accrues.


« Les sœurs de Napoléon. Trois destins italiens »

Expositions | 17.01.2014 | Antonin Durand

musée Marmottan-Monet, du 03/10/2013 au 26/01/2014Croiser l’histoire familiale de Napoléon avec l’histoire diplomatique de l’Italie, telle est la principale ambition de l’exposition que le musée Marmottan-Monet a consacrée aux « Sœurs de Napoléon. Trois destins italiens », du 3 octobre 2013 au 26 janvier 2014. Un constat sert de point de départ à cette exposition aussi originale qu’ambitieuse : les trois sœurs de Napoléon ont chacune une relation particulière avec l’Italie, où elles ont été amenées à vivre aussi bien pour renforcer les alliances françaises avec les princes locaux ou pour y suivre leur époux que par un goût véritable pour la péninsule..


Pierre Journoud et Cécile Menétrey-Monchau (dir.), Vietnam, 1968-1976. La sortie de guerre,

Ouvrages | 17.01.2014 | Pierre Brocheux

PIE Peter LangJusqu’à une récente période et en toute logique, l’histoire de la guerre du Vietnam était l’apanage des auteurs américains. Le sujet principal des ouvrages portait sur le conflit militaire (y compris les post-traumatic disorders des combattants et de la nation américaine, les répercussions sur la vie politique intérieure, sa présence dans la mémoire et dans la culture) et les manœuvres de la diplomatie internationale étaient traitées dans une optique classique. Cet ouvrage réunit vingt-trois exposés issus d’un colloque international tenu en 2008. La participation indirecte de la France aux affaires d’Extrême-Orient sous la présidence du général de Gaulle et le maintien d’intérêts économiques et culturels français dans la péninsule indochinoise (Sud-Vietnam, mais aussi Cambodge et Laos) expliquent la participation d’historiens français au concert historiographique sur le thème de « la sortie de guerre ».


Axelle Brodiez-Dolino, Combattre la pauvreté. Vulnérabilités sociales et sanitaires de 1880 à nos jours,

Ouvrages | 23.12.2013 | Michel Dreyfus

CNRS EditionsUne pauvreté massive existe en France aujourd'hui, et ce pour quatre raisons très différentes : tout d'abord l'existence d'un chômage de masse, non sans malgré tout des variations sensibles, puis la montée inexorable du travail précaire depuis les années 1980. Par ailleurs, le recul de l'intervention de l'État dans les domaines de l'économique et du social durant la même époque a également joué. Il faut compter enfin avec la crise économique qui a frappé la majorité des pays d'Europe et les États-Unis depuis 2008. La société française compte à l'heure actuelle 8,5 millions de personnes en situation de pauvreté, soit le huitième de sa population. Quels que soient les débats suscités par ces chiffres, personne ne peut minimiser une telle réalité. Elle fait porter un regard parfois empreint de nostalgie sur les Trente Glorieuses : il n'y avait « que » 400 000 chômeurs en 1968. Pour autant et on a trop souvent tendance à l'oublier aujourd'hui, il subsistait encore dans la société française d'importantes poches de pauvreté. Elles étaient fort anciennes et on croyait alors qu'elles représentaient un vestige du passé, peu à peu appelé à disparaître. Cette croyance n'est plus de mise aujourd'hui.


Corinne Bouchoux, « Si les tableaux pouvaient parler… » Le traitement politique et médiatique des retours d’œuvres d’art pillées et spoliées par les nazis (France 1945-2008),

Ouvrages | 20.12.2013 | Jacques Puyaubert

Presses universitaires de RennesL’annonce en novembre 2013 par le magasine allemand Focus de la perquisition menée à Munich au domicile de Cornelius Gurlitt révélant la présence d’une collection de 1 406 œuvres d’art – dont une part importante proviendrait de spoliations nazies – a mis le projecteur sur l’immense pillage opéré par l’État hitlérien ainsi que la question récurrente de la récupération toujours inachevée des trésors artistiques. Du même coup, l’ouvrage fort conséquent de Corinne Bouchoux a trouvé un écho mérité.


Il n'y a pas de Kennedy heureux, et Dallas, une journée particulière, documentaires réalisés par Patrick Jeudy, DVD, Éditions Montparnasse, 2013.

Documentaires | 20.12.2013 | Thomas Snégaroff

Editions MontparnasseCinquante ans après la mort de John F. Kennedy, les éditions Montparnasse sortent en DVD deux documentaires de Patrick Jeudy. Films après films, le réalisateur s’est imposé comme l’une des principales figures du documentaire d’histoire en France. Passionné par les archives, il a construit une œuvre sensible au cœur de laquelle ces deux films s’inscrivent parfaitement. Ô bien sûr, il est des spectateurs que le style Jeudy agace. Certes, le commentaire est très présent ; certes, l’émotion est souvent surlignée, mais quel plaisir à être transporté par le récit et guidé par des archives exceptionnelles. Parce que s’il y a un point commun entre ces deux films très différents, c’est l’extraordinaire travail sur les images.


Heimat,

Films | 20.12.2013 | Marie-Bénédicte Vincent

Le quatrième volet de la série Heimat d’Edgar Reitz, fresque sociale de l’Allemagne contemporaine vue à travers le prisme d’une petite localité de Rhénanie (Schabbach), nous fait remonter le temps après les épisodes de 1984, 1992 et 2004, qui concernaient les années 1929-1945, puis 1960-1970 et enfin l’après-réunification. Nous voilà cette fois plongés en 1842-1844, dans la période complexe du Vormärz qui précède la Révolution de 1848.

Dans un format choisi non pas de prime abord pour la télévision mais pour le cinéma, le film d’Edgar Reitz dure plus de quatre heures, divisé il est vrai en deux parties (« Chronique d’un rêve » et « L’exode »), qui suscitent des émotions intenses liées aux choix esthétiques du réalisateur. Ce dernier fait partie, avec Fassbinder et Kluge, de ceux qui ont contribué à créer la nouvelle vague du cinéma allemand lors de la signature du manifeste d’Oberhausen en 1962. Et force est de reconnaître que cette nouvelle Heimat ne déçoit pas son public.


Christian Lequesne et Maurice Vaïsse (dir.), La politique étrangère de Jacques Chirac,

Ouvrages | 10.12.2013 | Bernard Lachaise

Riveneuve Éditions, 2013Sous l’autorité d’un politiste, directeur du Centre d’études et de recherches internationales (CERI - Sciences Po), Christian Lequesne et d’un historien, spécialiste de l’histoire des relations internationales, Maurice Vaïsse, sont réunies, dans cet ouvrage, treize contributions dont la première – excellente –, rédigée par les co-directeurs, constitue à la fois une introduction et une conclusion sous le titre « Rupture et continuité ». Ce livre est le fruit d’un colloque co-organisé en décembre 2011 par le CERI et le Centre d’histoire de Sciences Po, dirigé par Jean-François Sirinelli. Les organisateurs ont sollicité quelques-uns des meilleurs spécialistes pour aborder l’histoire de la politique extérieure de la France sous les présidences de Jacques Chirac. À titre d’exemples, citons Anne Dulphy et Christine Manigand pour l’Europe ; Hélène Miard-Delacroix pour l’Allemagne ; Antoine Marès pour l’Europe centrale ; Pierre Mélandri pour les États-Unis ou Jean-Pierre Filiu pour le monde arabe… Les contributions thématiques – la plupart d’entre elles sont consacrées aux pôles régionaux du monde – couvrent « l’essentiel de l’activité diplomatique de Jacques Chirac » à l’exception de quelques manques comme le monde asiatique, ce qui est regrettable quand on sait l’intérêt de Jacques Chirac pour ces espaces (Japon, Chine, Asie du Sud-Est). S’y ajoute une précieuse chronologie de « la politique extérieure de la France sous les présidences de Jacques Chirac » qui aurait gagné à être mise en perspective avec les grands événements des relations internationales entre 1995 et 2007.


« Les présidents de la République en France et en Italie : politique, histoire, communication (1946-2013) »

Journées d'études | 10.12.2013 | Marion Morellato

http://www.ciup.fr/wp-content/uploads/2013/11/n.jpgLe 17 septembre 2013 s’est tenue à la Maison d’Italie, à Paris, une journée d’études dédiée aux « Présidents de la République en France et en Italie : politique, histoire, communication (1946-2013) », organisée par Roberto Giacone, directeur de la Fondation Maison d’Italie et soutenue par l’Università degli Studi della Tuscia (Viterbe), le Centro Studi sull’Europa Mediterranea (Viterbe), le Centre d’histoire de Sciences Po, en collaboration avec l’Archivio Storico della Presidenza della Repubblica (ASPR, Rome) et les Archives nationales de France. Cette journée a été organisée à l’occasion de l’ouverture de l’exposition historique, documentaire et multimédia « Les présidents de la République : les Communes, l’Italie, l’Europe (1946-2013) » mise en place par la Maison de l’Italie en collaboration avec l’Università degli Studi della Tuscia (Viterbe).


« Europe et barbarie, passé-présent »

Journées d'études | 10.12.2013 | Olivier Van den Bossche

La journée d’études « Europe et barbarie, passé-présent », organisée par le Centre d’histoire de Sciences Po, s’inscrivait dans une démarche initiée en 2012 lors du séminaire « Europe, Lumières et barbarie », jalonné par les communications d’Audrey Kichelewski, d’Elissa Mailander et de Jean-Frédéric Schaub. Le 15 novembre 2013, elle se proposait d’approfondir la question de la barbarie dans l’Europe du XXe siècle : rupture dans l’ordre historique ou continuité d’une histoire commencée plus tôt ? La journée d’études a délibérément convié des spécialistes de la question venant d’horizons et de disciplines variés. Les historiens, les politistes et les géographes ont été rejoints par un philosophe et par un psychanalyste, ce qui a permis de diversifier les angles d’approche.


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  • ISSN 1954-3670