Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Rémi Dalisson, Les guerres et la mémoire,

Ouvrages | 03.03.2014 | Elouan Rochcongar

CNRS Editions, 2013Dans la lignée de ses précédents travaux consacrés aux fêtes et aux cérémonies publiques dans la France des XIXe et XXe siècles, Rémi Dalisson, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Rouen, a choisi, dans le présent ouvrage, de se consacrer à l'analyse des rapports qu'entretiennent guerres et mémoire en France de 1870 à nos jours. Sa réflexion s'ouvre sur le constat selon lequel le poids de la mémoire de guerre y est particulièrement lourd : huit célébrations nationales sur les douze que compte le calendrier mémoriel commémorent un conflit. Selon lui, ces commémorations, organisées pendant ou après les combats, appelées à perdurer – 11 Novembre ou 8 Mai –, parfois variées dans leur thématique – des fêtes de la résistance aux mémoires de guerres particulières – visent à produire de la légitimité et à incarner la Nation par l'établissement d'un consensus. Les analysant comme des révélateurs d'impensés identitaires, l'auteur se propose de suivre ces rapports entre histoire et mémoire, faits de ruptures et de continuités, selon un cheminement chronologique en quatre moments partant des premières cérémonies de guerre à la suite de la défaite de 1870 pour aboutir au 11 Novembre « rénové » que nous connaissons aujourd'hui.


Amaury Lorin et Christelle Taraud (dir.), Nouvelle histoire des colonisations européennes, XIXe-XXe siècles,

Ouvrages | 03.03.2014 | Pierre Grosser

PUF, 2013Durant cinq ans, Amaury Lorin et Christelle Taraud ont animé un séminaire d’histoire coloniale au Centre d’histoire de Sciences Po, qui traditionnellement facilitait les premiers pas des nouveaux chantiers historiographiques. En réalité, il s’agit moins d’histoire « nouvelle », comme l’indique le titre de l’ouvrage qui réunit des interventions à ce séminaire, que d’histoire renouvelée. À Sciences Po en effet, Jacques Dalloz et Bernard Droz étaient des références incontournables sur la décolonisation française. Les auteurs précisent d’ailleurs bien dans l’introduction, en un temps où il est de bon ton de prétendre révolutionner des questions ou des champs historiographiques, que leur livre « ne se veut ni une autre histoire, ni une contre-histoire », mais cherche tout simplement « à compléter notre connaissance historique ».


« La Gauche en Europe : continuités et mutations »

Journées d'études | 03.02.2014 | Pierre-Emmanuel Guigo

http://www.fondazionecasadioriani.it/index.phpCette journée d’études prend place dans une série de trois journées consacrées à la politique italienne, série débutée avec le colloque organisé à la Maison d’Italie de la Cité universitaire sur « Les présidents français et italiens », suivi d’une journée d’étude à Sciences Po sur « Bruno Trentin et la gauche française », avant cette séance consacrée à la « Gauche en Europe ». Celle-ci fait suite à la publication du n° 41 (septembre-décembre) de la revue  Memoria e Ricerca sur le clivage droite-gauche en Europe et son évolution depuis la Seconde Guerre mondiale : « Destre e sinistre. Le culture politiche del Novecento nell’Europa mediterranea ».


James Mace Ward, Priest, Politician, Collaborator. Jozef Tiso and the Making of Fascist Slovakia,

Ouvrages | 03.02.2014 | Paul Lenormand

Cornell University Press, 2013Rares sont les ouvrages couvrant l’histoire encore largement inexplorée de l’Europe centrale au XXsiècle. Tiré de la thèse de James M. Ward (Assistant Professor à DePauw University) soutenue à Stanford en 2008, cette contribution dresse le portrait du personnage complexe qu’est Jozef Tiso (1887-1947), président de l’État slovaque – un satellite de l’Allemagne nazie – entre 1939 et 1945. Cas unique, Tiso est le seul ecclésiastique qui soit aussi chef d’État au cours de la Seconde Guerre mondiale, une période dominée par des idéologies très hostiles au christianisme.


Olivier Compagnon, L’adieu à l’Europe. L’Amérique latine et la Grande Guerre (Argentine et Brésil, 1914-1939),

Ouvrages | 03.02.2014 | Giovanna Pastore

FayardNon seulement la Grande Guerre a été durement ressentie par les peuples d’Amérique latine, mais elle a aussi considérablement accéléré les profondes transformations qui ont marqué les premières décennies du XXe siècle dans la région. C’est cette relecture que nous propose le plus récent ouvrage d’Olivier Compagnon, professeur d’histoire contemporaine à l’université Sorbonne Nouvelle – Paris 3. Issu de son habilitation à diriger des recherches et premier-né de la collection « L’épreuve de l’histoire », dirigée par Antoine Lilti, L’adieu à l’Europe s’attaque à plusieurs défis : retracer la manière dont la Première Guerre mondiale a été vécue et perçue par les Latino-Américains, notamment par ses élites ; déterminer le rôle de cet évènement dans le processus identitaire que vit la région au long des années 1920 et 1930 ; et, finalement, donner aux années 1914-1918 une importance nouvelle dans l’histoire contemporaine de l’Amérique latine et mieux insérer celle-ci dans la géographie et l’historiographie de la Première Guerre mondiale.


« Pour vous, Mesdames ! La mode en temps de guerre »

Expositions | 03.02.2014 | Christophe Capuano

« Pour vous, Mesdames ! » est une exposition consacrée à la mode sous l’Occupation proposée par le Centre d’histoire de la résistance et de la déportation de Lyon (CHRD) qui se déroule du 27 novembre 2013 au 14 avril 2014. C’est la première exposition temporaire depuis la réouverture du Centre en novembre 2012. Elle entend s’inscrire dans la continuité d’une exposition réalisée au musée du général Leclerc – musée Jean Moulin de la ville de Paris en 2009 sur le thème « Accessoires et objets, témoignages de vies de femmes à Paris, 1940-1944 ». Comme l’exposition initiale, celle du CHRD s’appuie largement sur les travaux de Dominique Veillon et sur son ouvrage de référence sur la question, La mode sous l’Occupation.


Journées d’hommage à Nicole Racine

Journées d'études | 03.02.2014 | Rachel Mazuy

CHSP, 2013La diversité des institutions représentées par les organisateurs des journées d’hommage à Nicole Racine (Centre d’histoire de Sciences Po, le laboratoire ICT de l’université Paris VII, l’Association d’études Jean-Richard Bloch, le CEVIPOF, l’Institut d’histoire du temps présent [IHTP]) témoigne à elle seule de la richesse des liens qu’avait entretenus l’historienne décédée en mars 2012, et de l’ampleur de son travail.

Ces journées des 6 et 7 décembre 2013 ont en effet rassemblé sa famille, des amis et des collègues d’horizons disciplinaires et géographiques très divers autour de la question des archives et de l’écriture de l’histoire.


« Indochine. Des territoires et des hommes, 1856-1956 »,

Expositions | 23.01.2014 | Isabelle Tracol-Huynh

"Indochine. Des territoires et des hommes, 1856-1956", Musée de l'armée, oc t2013-janv 2014L’exposition « Indochine. Des territoires et des hommes, 1856-1956 » au musée de l’Armée entend présenter cent ans de présence française en Indochine (Vietnam, Laos, Cambodge) à l’occasion de l’année France-Vietnam. Il n’est donc pas question de la seule guerre d’Indochine, même si celle-ci occupe une place importante. L’accent est porté sur le temps long puisque les objets présentés remontent au tout début du XIXe siècle, c’est-à-dire avant le début de la colonisation française. La visite s’ouvre, en effet, sur les portraits du prince vietnamien Canh (1780-1801) et de monseigneur Pigneau de Béhaine (1741-1791), conseiller de l’empereur vietnamien Gia Long et missionnaire catholique. Même si la guerre est très présente, qu’il s’agisse de la guerre de conquête ou de décolonisation, cette exposition n’est ni une exposition sur la guerre, ni une exposition sur l’Armée en Indochine. Comme le rappelle le général Christian Baptiste, directeur du musée de l’Armée, le sous-titre « Des territoires et des hommes » montre la volonté de présenter l’intégralité des enjeux de la colonisation et de la décolonisation. La dimension militaire fait partie de ces enjeux, au même titre que les aspects économiques, culturels, humains, etc., mais il n’est pas le seul. Le mot le plus important du titre est sans doute celui de « territoire », car c’est surtout cela qui est mis en avant : la formation progressive et complexe du territoire « Indochine », sa gestion pendant la colonisation et, enfin, sa défense par les Français et sa reconquête par les Vietnamiens dans les années 1940 et 1950. Le nombre important des cartes exposées tout au long du parcours souligne clairement la dimension territoriale de l’approche.


De la mécanique des dessous à la mécanique du rire

Expositions | 17.01.2014 | Aline Magnien

Musée des Arts décoratifs, du 05/07/2013 au 24/11/2013Ce qui frappait d’emblée le visiteur de l’exposition proposée par le musée des Arts décoratifs (La mécanique des dessous. Une histoire indiscrète de la silhouette entre le 5 juillet et le 24 novembre 2013, c’étaient les rires des visiteurs et le niveau sonore, lesquels contrastaient avec le silence religieux qui accompagne habituellement la visite des expositions. Or cette dernière mettait clairement en joie ses visiteurs, il faudrait dire ses visiteuses, tant le public y était féminin pour l’essentiel, même si les dessous masculins étaient, eux aussi, bien représentés dans les vitrines. Le sujet pouvait paraître secondaire et ludique, mais le musée des Arts décoratifs y assumait avec crânerie l’idée répandue que la mode, et a fortiori ses dessous, est légère, mineure, frivole, bref ornementale et décorative, pour en faire, en réalité tout autre chose. Et ces rires, qui traduisaient parfois une certaine gêne, étaient aussi le signe du plaisir éprouvé par les visiteurs, plaisir puisé dans la vue des objets, le sentiment de connivence, mais aussi celui d’une plus grande intelligence du monde passé et présent, et de connaissances accrues.


« Les sœurs de Napoléon. Trois destins italiens »

Expositions | 17.01.2014 | Antonin Durand

musée Marmottan-Monet, du 03/10/2013 au 26/01/2014Croiser l’histoire familiale de Napoléon avec l’histoire diplomatique de l’Italie, telle est la principale ambition de l’exposition que le musée Marmottan-Monet a consacrée aux « Sœurs de Napoléon. Trois destins italiens », du 3 octobre 2013 au 26 janvier 2014. Un constat sert de point de départ à cette exposition aussi originale qu’ambitieuse : les trois sœurs de Napoléon ont chacune une relation particulière avec l’Italie, où elles ont été amenées à vivre aussi bien pour renforcer les alliances françaises avec les princes locaux ou pour y suivre leur époux que par un goût véritable pour la péninsule..


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  • ISSN 1954-3670