Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Matthieu Séguéla, Clemenceau ou la tentation du Japon,

Ouvrages | 11.09.2014 | Walter Badier

CNRS EditionsCombien de vies Georges Clemenceau (1841-1929) a-t-il eues ? Pas moins de neuf affirme Jean Garrigues dans son dernier ouvrage consacré à ce drôle de félin qu’est « le Tigre ». Plus que jamais après la publication du livre de Matthieu Séguéla, qui aborde la relation passionnée de Georges Clemenceau avec le Japon, nous sommes tentés de croire la célèbre légende égyptienne. Même si le parcours de ce « monstre absolu » de la Troisième République, totalement hors norme, a été traqué en tous sens par les historiens, son japonisme a, selon Matthieu Séguéla, été « peu remarqué par ses contemporains, à peine relevé par ses biographes ». C’est tout l’intérêt du travail de cet enseignant-chercheur, professeur au lycée international de Tokyo et auteur en 2011 d’une thèse de doctorat dédiée à Georges Clemenceau et l’Extrême-Orient, récompensée l’année suivante par le prix Shibusawa-Claudel.


« Le Parlementarisme de guerre en France et en Europe, 1914-1918 »

Colloques | 29.07.2014 | Pierre Allorant

Dans le cadre de la commémoration du centenaire de la Grande Guerre par le Sénat, le colloque international « Le Parlementarisme de guerre en France et en Europe, 1914-1918 »,


« Architecture parisienne du Second Empire. Entre monumentalité et fonctionnalité » et « Architecture parisienne du Second Empire : la Fête impériale »

Expositions | 15.07.2014 | Stéphanie Sauget

Adolphe Alphand, Jean Darcel, Emile ReiberProjet de tour en fonte pour le puits artésien de Passy© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / René-Gabriel Ojéda (extrait).Depuis le 30 mai 2014 et jusqu’au 15 septembre, le musée d’Orsay à Paris propose une double exposition consacrée aux transformations de l’architecture parisienne sous le Second Empire. « Architecture parisienne du Second Empire. Entre monumentalité et fonctionnalité » et « Architecture parisienne du Second Empire : la Fête impériale » sont respectivement présentées dans les salles 17 et 21 au rez-de-chaussée du musée, au sein des collections permanentes dont sont d’ailleurs extraites les œuvres proposées.


D’une Vie à l’Autre ou la seconde histoire du Lebensborn nazi sous la guerre froide

Films | 15.07.2014 | Marie-Bénédicte Vincent

D'une vie à l'autreMarkus Wolf (1923-2006), l’ancien chef des services secrets est-allemands (Hauptverwaltungerklärung, abrégé en HVA) de 1958 à 1986 expliquait dans un entretien en 1992 : « Nous avons travaillé avec des jeunes femmes formidables, qui ont pris de grands risques pour rassembler de très importantes informations. Et, dans ce métier qui présuppose que la fin justifie les moyens, certaines ont beaucoup sacrifié. Il y eut même quelques histoires tragiques […]. Mais à l’inverse, nous connûmes des cas beaucoup plus heureux. Des couples se sont formés, il y eut des mariages, des enfants sont nés… » Le personnage fictif du film de Georg Maas, Katrine Evensor (excellemment interprétée par Juliane Köhler), incarne la double vie de ces femmes-espions de la RDA infiltrées à l’Ouest, en l’occurrence en Norvège, dont le bonheur familial s’effondre juste après la réunification allemande quand elles sont démasquées. Le film va cependant plus loin dans l’entreprise de dévoilement, puisque la protagoniste, recrutée dans les années 1960 comme agent par le ministère de la Sécurité d’État (Stasi), usurpe l’identité d’une enfant de l’organisation SS Lebensborn, née de mère norvégienne et d’un soldat allemand stationné en Norvège pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est ce croisement inattendu et compliqué entre l’héritage du nazisme et celui de la RDA qui explique le succès de ce film, sorti sur les écrans français en mai 2014 et plusieurs fois récompensé (Prix du public au Festival du film d’histoire de Pessac, Prix du public meilleure actrice au Festival de Saint-Jean-de-Luz), plus qu’une esthétique particulière.


« Paris 14-18. La guerre au quotidien. Photographies de Charles Lansiaux »

Expositions | 07.07.2014 | Charles Ridel

Entre le 15 janvier et le 15 juin 2014, la Bibliothèque historique de la Ville de Paris (BHVP) a proposé une exposition photographique consacrée à « Paris 14-18. La guerre au quotidien ». Présentée dans la galerie des bibliothèques de la ville de Paris, cette série de 200 clichés provient d’un fonds photographique exceptionnel dont il est utile de rappeler la genèse.

Le commanditaire de cette enquête photographique n’est autre que la BHVP elle-même. Consciente en effet du caractère hors normes de la mobilisation et de la nécessité de saisir les moments les plus intenses de cette irruption brutale de la guerre dans le quotidien des Parisiens, la BHVP contacte Charles Lansiaux, un photographe autodidacte dont la notoriété professionnelle est établie depuis le début du siècle.


« 1925. Quand l’Art Déco séduit le monde »

Expositions | 07.07.2014 | Julie Verlaine

Affiche de l’exposition. Maurice Picaud dit Pico, Bas-relief de la façade d’entrée du Théâtre des Folies-Bergères (représentant la danseuse Anita Barka), 1928. © Photo : Bérangère Lomont. Design : Guillaume Lebigre.L’exposition « 1925. Quand l’Art Déco séduit le monde » a été présentée à la Cité de l’architecture et du patrimoine du 16 octobre 2013 au 7 mars 2014. Elle a eu, entre autres mérites, celui d’énoncer par un propos liminaire très clair le principal critère de différenciation de l’Art Déco par rapport à l’Art nouveau : la géométrie. Utile mise au point quand on sait la récurrente confusion entre ces deux mouvements – dont témoignent d’ailleurs les remarques des visiteurs entendues par l’auteure de ces lignes dans les salles de l’exposition…


Ida, de Paweł Pawlikowski

Films | 16.06.2014 | Cédric Pellen

Droits réservésNé à Varsovie en 1957, Paweł Pawlikowski a quitté la Pologne pour le Royaume-Uni à l'adolescence. Diplômé en littérature à Oxford, il mène une fructueuse carrière de documentariste pour la télévision avant de se tourner vers la fiction au début des années 2000. Si Ida est son quatrième long métrage, c'est le premier qu'il tourne en polonais et dont il situe l'action dans son pays natal. Depuis sa sortie, le film collectionne les prix et rencontre un succès d'audience inattendu. Ida n'a pourtant rien d'un blockbuster. Tourné en noir et blanc et au format 4/3, il conte l'histoire, a priori un peu austère, du voyage initiatique d'une jeune religieuse dans la Pologne communiste du début des années 1960. Porté par de magnifiques images et un couple d'actrices extraordinaires, ce film d'une subtilité rare ne peut cependant qu'obtenir l'adhésion du spectateur, qu'il soit polonophile, féru d'histoire du communisme ou simplement amateur de bon cinéma.


Robert Tombs, Emile Chabal (eds), Britain and France in Two World Wars. Truth, Myth and Memory,

Ouvrages | 05.06.2014 | Robert Boyce

Bloomsbury Academic, 2013For the past century Britain and France have remained uneasy neighbours, despite their common membership in NATO and the European Union, and despite their struggle for survival against a common enemy in two world wars. This is usually explained by reference to their long history of mutual antagonism in earlier times and their imperial rivalry which endured into the twentieth century. However, the contributors to this important collection of essays argue that it is also bound up with their different experience in the two world wars and the different ways in which the wars were perceived and remembered. For France, the First World War was a straight forward affair provoked by German invasion, whereas for Britain the reason for entering the war was never so obvious and as the casualties mounted it seemed increasingly grotesque and absurd. The Second World War was experienced in almost opposite ways. On this occasion, Britain perceived it as a straight forward struggle against Nazi (and eventually Italian fascist and Japanese imperialist) aggression and a test of British character which was passed with flying colours; for France the experience was dominated by military defeat and deep internal divisions, creating in Robert Frank’s words a ‘syndrome of 1940’ as deep and enduring as the ‘Vichy syndrome’ (p. 181). Compounding the differences of experience or perception, Britain and France constructed narrowly national narratives of the two world wars which largely ignored the role of the other power and even on occasion made it the scapegoat for their failure. Long after each war they continued to engage in acts of selective remembrance and forgetting which further marginalised the other power’s role. While the process was largely unintentional, the result nevertheless was to prolong their mutual alienation.


Michela Passini, La fabrique de l’art national. Le nationalisme et les origines de l’histoire de l’art en France et en Allemagne (1870-1933),

Ouvrages | 05.06.2014 | Franck Jacquet

Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2013Les sciences humaines ont pour leur majeure partie fait l’objet depuis les années 1970 de travaux denses destinés à restituer leur archéologie. La construction de l’histoire de l’art en tant que science contemporaine demeure au contraire en chantier malgré d’importants jalons posés dès l’apogée du structuralisme en sciences sociales. La publication de la thèse soutenue en 2007 par Michela Passini, sous le titre La fabrique de l’art national. Le nationalisme et les origines de l’histoire de l’art en France et en Allemagne (1870-1933), et s’inscrivant dans la collection « Passages/Passagen », éditée en collaboration avec le Centre allemand d’histoire de l’art, tend à renforcer une veine qui vient aujourd’hui pallier ce qui peut s’apparenter à un retard. Le projet est clair : reconstruire « les modalités de l’écriture d’une histoire de l’art comme récit de l’art national » (p. 3) pour expliquer la structuration des méthodologies et de la discipline histoire de l’art en France et en Allemagne, occasion de mettre en avant un pan des échanges intellectuels à l’heure des nationalismes triomphants.


Peter Longerich, Goebbels,

Ouvrages | 03.06.2014 | David Gallo

Editions Héloïse d'Ormesson, 2013La biographie de Joseph Goebbels de l’historien allemand Peter Longerich, aujourd’hui traduite aux Éditions Héloïse d’Ormesson, s’impose, malgré certains défauts non négligeables, comme la meilleure étude sur le ministre de la Propagande du Troisième Reich disponible à ce jour en langue française.


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  • ISSN 1954-3670