Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Orlando Figes, Les Chuchoteurs. Vivre et survivre sous Staline,

Ouvrages | 25.09.2014 | Thomas Chopard

DenoëlAprès des travaux sur l’époque révolutionnaire et la guerre civile – dont une histoire de la Révolution russe traduite en français –, Orlando Figes s’est intéressé à l’histoire du stalinisme. Son ouvrage, Les Chuchoteurs, paru en anglais en 2007, destiné au grand public, invite le lecteur à réfléchir à l’« influence sur la vie personnelle et familiale » du système répressif soviétique, à en déployer l’impact sur la vie quotidienne et intime des Soviétiques (p. 43). Il s’articule ainsi autour de nombreux témoignages de victimes de la répression, recueillis essentiellement à Moscou et à Saint-Pétersbourg sur près d’une dizaine d’années, par l’association russe Memorial, très active dans la collecte de documents et de matériaux relatifs aux répressions soviétiques. L’ouvrage permet ainsi de suivre de nombreux parcours de vie de Soviétiques pris dans la machine répressive stalinienne, auxquels l’auteur laisse de nombreuses pages pour se déployer et se faire entendre. Il s’inscrit en ce sens dans un certain retour à la subjectivité et aux parcours individuels, initié par de nombreuses recherches sur l’URSS qui s’appuient notamment sur les témoignages, les journaux et les écrits intimes.


Robert Frank et Éric Roussel, Deux passions françaises. Pierre Mendès France et Charles de Gaulle,

Ouvrages | 22.09.2014 | Sylvie Guillaume

CNRS EditionsCet ouvrage est la publication des actes d’un colloque organisé par l’Institut Pierre Mendès France en novembre 2010. La préface, écrite par Vincent Laniol, Robert Frank et Éric Roussel, affiche l’objectif du livre qui est « à la fois d’explorer la spécificité des relations entre les deux hommes d’État mais aussi de comprendre et d’analyser, selon un angle civique, la postérité de ces deux lieux de mémoire ou passions françaises dont l’impact fut si important sur des générations de Français » (p. 13).


The Last of the Self-Righteous: Claude Lanzmann’s version of Benjamin Murmelstein

Films | 18.09.2014 | Anna Hájková (University of Warwick)

There is a wealth of problems with Claude Lanzmanns recent film The Last of the Unjust, on Benjamin Murmelstein, the last Elder of the Jews of Theresienstadt. Yet the most aggravating of them is that it portrays Murmelstein as someone who he was not, namely as a heroic figure. In styling Murmelstein as a tragic hero, Lanzmann projects his own personality, as he would like to be seen himself, onto his material. With all due respect to Claude Lanzmann, this projecting is quite problematic.


Blandine Chelini-Pont, La droite catholique aux États-Unis. De la guerre froide aux années 2000,

Ouvrages | 11.09.2014 | Jacques Portes

Presses universitaires de RennesCe gros volume appuyé sur une bibliographie essentiellement américaine très complète traite de façon fouillée d’un sujet le plus souvent ignoré en France où les États-Unis sont considérés comme un pays massivement protestant : la puissance du mouvement catholique conservateur.


« Regards sur les ghettos »

Expositions | 11.09.2014 | Audrey Kichelewski

Mémorial de la ShoahL’exposition actuellement présentée au Mémorial de la Shoah à Paris s’inscrit dans les courants actuels de l’historiographie de la Shoah qui, après avoir – vainement ? – tenté d’écrire des synthèses impossibles et totalisantes sur le processus d’extermination des Juifs d’Europe, s’efforce de saisir au plus près le vécu intime des acteurs – qu’ils aient été bourreaux, victimes ou témoins, pour reprendre la triade forgée par l’historien Raoul Hilberg. Elle prolonge en outre un intérêt renouvelé pour l’histoire des ghettos, espaces concentrationnaires de relégation longtemps délaissés par une historiographie qui s’est d’abord concentrée sur les camps de travail et d’extermination. La récente Encyclopédie des ghettos durant la Shoah éditée en anglais par Yad Vashem en témoigne.


Antoine Prost, Du changement dans l’école. Les réformes de l’éducation de 1936 à nos jours,

Ouvrages | 11.09.2014 | Stéphane Lembre

SeuilS’il existe des domaines où l’existence même d’une politique de l’État doit être interrogée et redécouverte, tel n’est certainement pas le cas de la politique éducative. Qu’une politique éducative ait été prise en charge par l’État à la suite des débats intenses durant la révolution est indéniable, et sa lente construction au XIXe siècle, comme ses évolutions depuis, ont fait déjà l’objet de très nombreux travaux. L’évidence qu’on lui prête pourrait cependant confiner à la sous-estimation de la complexité de cette politique, dans l’élaboration de laquelle les concurrences et les contradictions sont fréquentes. Aussi les travaux soucieux de suivre le fil de cette politique et de démêler l’écheveau de son élaboration sont-ils nécessaires. Ils paraîtront à certains classiques et répétitifs. Du changement dans l’école prouve pourtant l’intérêt de l’approfondissement des recherches, sans céder à l’illusion d’un renouvellement complet de la question malgré des travaux multipliés ces dernières années.


Claire Mauss-Copeaux, La source. Mémoires d’un massacre : Oudjehane, 11 mai 1956,

Ouvrages | 11.09.2014 | Andrea Brazzoduro

PayotLes historiens pionniers de l’histoire orale nous ont appris depuis fort longtemps que les interviewés disent souvent moins des événements que du sens qu’ils leurs accordent. Dans son dernier ouvrage, Claire Mauss-Copeaux montre toutefois les potentialités euristiques des sources orales, y compris dans la reconstruction d’un événement ayant laissé des traces écrites rares, voire opaques – un aspect parfois délaissé, par excès de « culturalisme ».


« Jaurès » et « Jaurès contemporain, 1914-2014 »

Expositions | 11.09.2014 | Anne-Laure Anizan

En raison de la difficulté à exposer des documents à la fois facilement décryptables, pertinents et séduisants, les expositions traitant de l’histoire politique ne sont pas les plus aisées à organiser et, de ce fait, peu fréquentes. Un nom connu étant susceptible de provoquer l’intérêt du grand public, l’histoire d’un homme permettant en outre d’utiliser des documents d’une grande variété, l’approche biographique est un angle fructueux pour assurer le succès de l’expérience. Elle est par ailleurs l’occasion de mettre en scène, au-delà de l’histoire d’un individu, le passé d’un pays, de son État, de ses partis, de ses syndicats, de son Parlement, de sa presse, des liens entre culture et politique, ou encore de questionner la place de la mémoire. En 2013, trois expositions, toutes réussies, avaient confirmé l’intérêt de la démarche et montré les liens étroits entre les arts et la politique à l’époque contemporaine. 


« Bill Viola »

Expositions | 11.09.2014 | Aline Magnien

Maître incontesté de la vidéo, Bill Viola, né en 1951, a fait l’objet au Grand Palais à Paris d’une rétrospective présentant une vingtaine d’œuvres allant de la vidéo au sens strict à l’installation sonore en passant par des installations, des sculptures vidéographiques, des tableaux en mouvements. Après des collectionneurs, comme les Stein (2011-2012), après Andy Warhol (2009), Edward Hopper (2012-2013) et en même temps que Robert Mapplethorpe (2014), il fait partie de ces grandes figures de l’art américain du XXe siècle ou du début du XXIe présentées, dans ce cadre, au public parisien. C’est aussi la première exposition dédiée à l’art vidéo organisée au Grand Palais par la Réunion des musées nationaux, et elle prend l’allure d’une rétrospective sur les techniques de cet art, tant Bill Viola, qui est né, comme il le dit lui-même, avec la vidéo, en utilise les outils les plus variés.


Matthieu Séguéla, Clemenceau ou la tentation du Japon,

Ouvrages | 11.09.2014 | Walter Badier

CNRS EditionsCombien de vies Georges Clemenceau (1841-1929) a-t-il eues ? Pas moins de neuf affirme Jean Garrigues dans son dernier ouvrage consacré à ce drôle de félin qu’est « le Tigre ». Plus que jamais après la publication du livre de Matthieu Séguéla, qui aborde la relation passionnée de Georges Clemenceau avec le Japon, nous sommes tentés de croire la célèbre légende égyptienne. Même si le parcours de ce « monstre absolu » de la Troisième République, totalement hors norme, a été traqué en tous sens par les historiens, son japonisme a, selon Matthieu Séguéla, été « peu remarqué par ses contemporains, à peine relevé par ses biographes ». C’est tout l’intérêt du travail de cet enseignant-chercheur, professeur au lycée international de Tokyo et auteur en 2011 d’une thèse de doctorat dédiée à Georges Clemenceau et l’Extrême-Orient, récompensée l’année suivante par le prix Shibusawa-Claudel.


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  • ISSN 1954-3670