Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Claire Mauss-Copeaux, La source. Mémoires d’un massacre : Oudjehane, 11 mai 1956,

Ouvrages | 11.09.2014 | Andrea Brazzoduro

PayotLes historiens pionniers de l’histoire orale nous ont appris depuis fort longtemps que les interviewés disent souvent moins des événements que du sens qu’ils leurs accordent. Dans son dernier ouvrage, Claire Mauss-Copeaux montre toutefois les potentialités euristiques des sources orales, y compris dans la reconstruction d’un événement ayant laissé des traces écrites rares, voire opaques – un aspect parfois délaissé, par excès de « culturalisme ».


« Jaurès » et « Jaurès contemporain, 1914-2014 »

Expositions | 11.09.2014 | Anne-Laure Anizan

En raison de la difficulté à exposer des documents à la fois facilement décryptables, pertinents et séduisants, les expositions traitant de l’histoire politique ne sont pas les plus aisées à organiser et, de ce fait, peu fréquentes. Un nom connu étant susceptible de provoquer l’intérêt du grand public, l’histoire d’un homme permettant en outre d’utiliser des documents d’une grande variété, l’approche biographique est un angle fructueux pour assurer le succès de l’expérience. Elle est par ailleurs l’occasion de mettre en scène, au-delà de l’histoire d’un individu, le passé d’un pays, de son État, de ses partis, de ses syndicats, de son Parlement, de sa presse, des liens entre culture et politique, ou encore de questionner la place de la mémoire. En 2013, trois expositions, toutes réussies, avaient confirmé l’intérêt de la démarche et montré les liens étroits entre les arts et la politique à l’époque contemporaine. 


« Bill Viola »

Expositions | 11.09.2014 | Aline Magnien

Maître incontesté de la vidéo, Bill Viola, né en 1951, a fait l’objet au Grand Palais à Paris d’une rétrospective présentant une vingtaine d’œuvres allant de la vidéo au sens strict à l’installation sonore en passant par des installations, des sculptures vidéographiques, des tableaux en mouvements. Après des collectionneurs, comme les Stein (2011-2012), après Andy Warhol (2009), Edward Hopper (2012-2013) et en même temps que Robert Mapplethorpe (2014), il fait partie de ces grandes figures de l’art américain du XXe siècle ou du début du XXIe présentées, dans ce cadre, au public parisien. C’est aussi la première exposition dédiée à l’art vidéo organisée au Grand Palais par la Réunion des musées nationaux, et elle prend l’allure d’une rétrospective sur les techniques de cet art, tant Bill Viola, qui est né, comme il le dit lui-même, avec la vidéo, en utilise les outils les plus variés.


Matthieu Séguéla, Clemenceau ou la tentation du Japon,

Ouvrages | 11.09.2014 | Walter Badier

CNRS EditionsCombien de vies Georges Clemenceau (1841-1929) a-t-il eues ? Pas moins de neuf affirme Jean Garrigues dans son dernier ouvrage consacré à ce drôle de félin qu’est « le Tigre ». Plus que jamais après la publication du livre de Matthieu Séguéla, qui aborde la relation passionnée de Georges Clemenceau avec le Japon, nous sommes tentés de croire la célèbre légende égyptienne. Même si le parcours de ce « monstre absolu » de la Troisième République, totalement hors norme, a été traqué en tous sens par les historiens, son japonisme a, selon Matthieu Séguéla, été « peu remarqué par ses contemporains, à peine relevé par ses biographes ». C’est tout l’intérêt du travail de cet enseignant-chercheur, professeur au lycée international de Tokyo et auteur en 2011 d’une thèse de doctorat dédiée à Georges Clemenceau et l’Extrême-Orient, récompensée l’année suivante par le prix Shibusawa-Claudel.


« Le Parlementarisme de guerre en France et en Europe, 1914-1918 »

Colloques | 29.07.2014 | Pierre Allorant

Dans le cadre de la commémoration du centenaire de la Grande Guerre par le Sénat, le colloque international « Le Parlementarisme de guerre en France et en Europe, 1914-1918 »,


« Architecture parisienne du Second Empire. Entre monumentalité et fonctionnalité » et « Architecture parisienne du Second Empire : la Fête impériale »

Expositions | 15.07.2014 | Stéphanie Sauget

Adolphe Alphand, Jean Darcel, Emile ReiberProjet de tour en fonte pour le puits artésien de Passy© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / René-Gabriel Ojéda (extrait).Depuis le 30 mai 2014 et jusqu’au 15 septembre, le musée d’Orsay à Paris propose une double exposition consacrée aux transformations de l’architecture parisienne sous le Second Empire. « Architecture parisienne du Second Empire. Entre monumentalité et fonctionnalité » et « Architecture parisienne du Second Empire : la Fête impériale » sont respectivement présentées dans les salles 17 et 21 au rez-de-chaussée du musée, au sein des collections permanentes dont sont d’ailleurs extraites les œuvres proposées.


D’une Vie à l’Autre ou la seconde histoire du Lebensborn nazi sous la guerre froide

Films | 15.07.2014 | Marie-Bénédicte Vincent

D'une vie à l'autreMarkus Wolf (1923-2006), l’ancien chef des services secrets est-allemands (Hauptverwaltungerklärung, abrégé en HVA) de 1958 à 1986 expliquait dans un entretien en 1992 : « Nous avons travaillé avec des jeunes femmes formidables, qui ont pris de grands risques pour rassembler de très importantes informations. Et, dans ce métier qui présuppose que la fin justifie les moyens, certaines ont beaucoup sacrifié. Il y eut même quelques histoires tragiques […]. Mais à l’inverse, nous connûmes des cas beaucoup plus heureux. Des couples se sont formés, il y eut des mariages, des enfants sont nés… » Le personnage fictif du film de Georg Maas, Katrine Evensor (excellemment interprétée par Juliane Köhler), incarne la double vie de ces femmes-espions de la RDA infiltrées à l’Ouest, en l’occurrence en Norvège, dont le bonheur familial s’effondre juste après la réunification allemande quand elles sont démasquées. Le film va cependant plus loin dans l’entreprise de dévoilement, puisque la protagoniste, recrutée dans les années 1960 comme agent par le ministère de la Sécurité d’État (Stasi), usurpe l’identité d’une enfant de l’organisation SS Lebensborn, née de mère norvégienne et d’un soldat allemand stationné en Norvège pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est ce croisement inattendu et compliqué entre l’héritage du nazisme et celui de la RDA qui explique le succès de ce film, sorti sur les écrans français en mai 2014 et plusieurs fois récompensé (Prix du public au Festival du film d’histoire de Pessac, Prix du public meilleure actrice au Festival de Saint-Jean-de-Luz), plus qu’une esthétique particulière.


« Paris 14-18. La guerre au quotidien. Photographies de Charles Lansiaux »

Expositions | 07.07.2014 | Charles Ridel

Entre le 15 janvier et le 15 juin 2014, la Bibliothèque historique de la Ville de Paris (BHVP) a proposé une exposition photographique consacrée à « Paris 14-18. La guerre au quotidien ». Présentée dans la galerie des bibliothèques de la ville de Paris, cette série de 200 clichés provient d’un fonds photographique exceptionnel dont il est utile de rappeler la genèse.

Le commanditaire de cette enquête photographique n’est autre que la BHVP elle-même. Consciente en effet du caractère hors normes de la mobilisation et de la nécessité de saisir les moments les plus intenses de cette irruption brutale de la guerre dans le quotidien des Parisiens, la BHVP contacte Charles Lansiaux, un photographe autodidacte dont la notoriété professionnelle est établie depuis le début du siècle.


« 1925. Quand l’Art Déco séduit le monde »

Expositions | 07.07.2014 | Julie Verlaine

Affiche de l’exposition. Maurice Picaud dit Pico, Bas-relief de la façade d’entrée du Théâtre des Folies-Bergères (représentant la danseuse Anita Barka), 1928. © Photo : Bérangère Lomont. Design : Guillaume Lebigre.L’exposition « 1925. Quand l’Art Déco séduit le monde » a été présentée à la Cité de l’architecture et du patrimoine du 16 octobre 2013 au 7 mars 2014. Elle a eu, entre autres mérites, celui d’énoncer par un propos liminaire très clair le principal critère de différenciation de l’Art Déco par rapport à l’Art nouveau : la géométrie. Utile mise au point quand on sait la récurrente confusion entre ces deux mouvements – dont témoignent d’ailleurs les remarques des visiteurs entendues par l’auteure de ces lignes dans les salles de l’exposition…


Ida, de Paweł Pawlikowski

Films | 16.06.2014 | Cédric Pellen

Droits réservésNé à Varsovie en 1957, Paweł Pawlikowski a quitté la Pologne pour le Royaume-Uni à l'adolescence. Diplômé en littérature à Oxford, il mène une fructueuse carrière de documentariste pour la télévision avant de se tourner vers la fiction au début des années 2000. Si Ida est son quatrième long métrage, c'est le premier qu'il tourne en polonais et dont il situe l'action dans son pays natal. Depuis sa sortie, le film collectionne les prix et rencontre un succès d'audience inattendu. Ida n'a pourtant rien d'un blockbuster. Tourné en noir et blanc et au format 4/3, il conte l'histoire, a priori un peu austère, du voyage initiatique d'une jeune religieuse dans la Pologne communiste du début des années 1960. Porté par de magnifiques images et un couple d'actrices extraordinaires, ce film d'une subtilité rare ne peut cependant qu'obtenir l'adhésion du spectateur, qu'il soit polonophile, féru d'histoire du communisme ou simplement amateur de bon cinéma.


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  • ISSN 1954-3670